Mercredi, Audi annonçait son départ effectif du championnat du monde d’Endurance. Gérard Neveu, directeur général du WEC, réagissait : "Un constructeur s’en va, d’autres arriveront, c’est la vie d’un championnat." Depuis quelques temps, en effet, il est un constructeur qui s’y intéresse, et c'est Peugeot.

En 2012, la situation n’était pas brillante pour Peugeot, qui, perdait, en l’espace d’un an, près de 8 milliards d’euros. Sentant déjà le mauvais vent venir, et notamment la future fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en juillet 2012, la marque au lion mettait un terme au programme 908, et quittait avec fracas le championnat du monde d’Endurance, tout juste créé.

2007-2011 Peugeot 908 Le Mans
2007-2011 Peugeot 908 Le Mans
2007-2011 Peugeot 908 Le Mans

Quatre ans après, et un retour à la forme économique de premier plan, Peugeot s’intéresse de près au WEC. Carlos Tavares, le dirigeant de PSA l’a déjà évoqué, le mois dernier. C’est au tour de Bruno Famin, le directeur de Peugeot Sport, de revenir sur le sujet, lors d’une interview accordée à Motorsport.com.

"Je peux dire pareil que le boss", confie Bruno Famin. "Il nous a demandé de voir quelles seraient les conditions pour que Peugeot reprenne un programme d’Endurance. Tout le monde aimerait revenir, mais les conditions ne sont pas là. La principale condition, c'est le coût d'un tel programme."

Selon le directeur de l’entité sportive du lion, "la réglementation technique doit évoluer pour assurer que nous puissions nous engager avec de bonnes chances de victoire et avec un budget divisé par deux par rapport à ce qui se fait actuellement en WEC, car c'est bien trop cher. Nous n'avons pas cet argent. Avec ou sans Peugeot, le budget actuellement requis pour remporter le WEC n'est pas viable." Le départ d’Audi, en fin de saison, conséquence probable du Dieselgate, en est un exemple.

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Bruno Famin poursuit, en évoquant une évolution du règlement, notamment autour de la réduction du poids des prototypes, plutôt que des investissements faramineux dans les systèmes hybrides, certes très performants. L’ACO et la FIA ont en effet un règlement technique qui limite la consommation d’énergie sur une course. "L’esprit de la réglementation est très bon", estime Bruno Famin. "C’est une très bonne façon pour un constructeur de montrer le niveau et l'efficience de sa technologie. Maintenant, il faut trouver le bon niveau d’investissement."

2007-2011 Peugeot 908 Le Mans
2007-2011 Peugeot 908 Le Mans
2007-2011 Peugeot 908 Le Mans

"Une façon de réduire les coûts, selon nous, c'est réduire le poids minimal, car c'est plus pertinent par rapport aux voitures de route. Si nous voulons réduire les émissions et la consommation, il faut réduire le poids. Une bonne façon serait de réduire le poids, de conserver le système hybride, mais de l'équilibrer avec le poids. Si l'on peut aller aussi vite avec peut-être un peu moins de système hybride…"

L’idée est lancée. C’est désormais le travail des instances dirigeantes d’y réfléchir. Mais avouons-le, après les épopées 905 et 908, retrouver une Peugeot sur l’asphalte des 24 Heures du Mans aurait une saveur… très agréable !

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Source: Motorsport.com

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