Il fallait s’y attendre. Un scandale de l’ampleur du Dieselgate ne pouvait pas dispenser son auteur de répercussions sur ses affaires. La conséquence ? Audi vend toujours plus de voitures, mais gagne moins d’argent.

Le succès ne se dément pas pour les voitures de la firme d’Ingolstadt. Malgré un scandale touchant ses moteurs diesels, notamment le V6 TDI, la marque allemande a augmenté ses ventes, en Europe notamment. Dans un marché en croissance sur le vieux continent (5%), le Groupe Audi a livré 1'408'783 véhicules, soit 4,5% de plus que l’an dernier. C’est aussi le cas en Chine et aux États-Unis, et le constructeur peut se targuer d’un chiffre d’affaires en hausse, se montant à 44'017 millions d’euros. En 2015, il était de 43'695.

C’est au niveau du résultat d’exploitation qu’il faut regarder de plus près. Il s’agit de l’indice de rentabilité d’un groupe : le chiffres d’affaires, moins les charges. Pour le coup, Audi souffre. Au chiffre d’affaires en hausse, il faut déduire les 885 millions d’euros de charges exceptionnelles : 752 millions pour les diesels en cause dans le scandale, et 133 autres millions pour les airbags défectueux de Takata. Le résultat d’exploitation se monte à 3918 millions, contre 4024 l’an dernier. La marge opérationnelle sur les ventes est aussi en baisse : 8,9% contre 9,2%.

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Audi ajuste ses objectifs

Lors du dernier trimestre, la marque allemande a confirmé sa progression. 455'613 véhicules ont été livrés depuis juillet, en augmentation par rapport aux 445'611 de l’an dernier. Audi a surtout augmenté sa provision pour risques "juridiques et techniques" de 620 millions d’euros. "Chat échaudé craint l’eau froide", comme on dit. Ce qui porte, sur ce trimestre, le résultat d’exploitation à 632 millions d’euros, contre 1100 en 2015.

Une affaire qui force Audi à ajuster ses prévisions. Le constructeur prévoit des revenus similaires à l’an dernier, en dépit de la croissance du marché. La marge opérationnelle sera en deçà de ce qui avait été prévu en début d’année et qui était de 8 à 10%. C’est surtout sur le retour sur investissement qu’Audi est frileux. Il devrait être inférieur à 16%, avec les charges, mais rester au-dessus du minimum de 9%.

Le président du directoire Audi reste serein : "Le contexte dans lequel évolue notre société est actuellement très challengeant", fait remarquer Rupert Stadler, président du directoire Audi. "Nous avons néanmoins réalisé une belle croissance depuis le début de l’année. Nous avons une gamme de modèles attrayante que nous renforcerons davantage avec nos futurs produits. Notre stratégie est en place, la tâche de l’équipe est maintenant de la mettre en œuvre de façon systématique."

Il est vrai que la gamme Audi va encore évoluer ces prochains mois, avec l’arrivée de la nouvelle A8, et la mise en production du nouveau Q5, de l’A5 et du Q2.

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