Sportives méconnues - Dans cette rubrique, nous parlons des automobiles de sport moins connues du grand public, mais que les passionnés retrouvent avec plaisir. C’est le cas de la Renault Spider de 1995. Une petite Renault radicale, et collector dès sa venue sur le marché.

Le début des années 1990 sourit bien à Renault. Le passage de la Régie à une société privée se passe plutôt bien. Commercialement, les Twingo, Clio, Laguna, Safrane et Espace se vendent comme des petits pains, et l’arrivée de la Mégane, et du révolutionnaire Scénic va d’autant plus conforter le leadership du losange.

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Côté sportif, c’est aussi l’âge d’or des Renault. En rallye, les Clio Kit Car de Jean Ragnotti et Philippe Bugalski font des ravages, et en Formule 1, depuis 1992, Renault ne lâche plus la couronne de champion du monde, que ce soit avec Benetton et Schumacher, ou Williams et Hill, Prost ou Mansell. Et si l’Espace F1 fait rêver, il n’y a pas vraiment de coupés sportifs chez Renault.

Renault Laguna concept
Renault Laguna concept
1995 - Renault Spider

Il existe, depuis 1990, des envies de spider chez le constructeur français. Ainsi, la Laguna Concept montrait, dès ce début de décennie, les futures directions du style Renault. Évidemment, c’est du Renault dans le texte. Mais cette Laguna Concept donne quelques bases de ce que sera la Spider : un spider, comme son nom l’indique, des lignes arrondies, un moteur à l’arrière et une architecture légère.

1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider

Louis Schweitzer, le patron de la marque au losange, donne son feu vert en 1993, et dès mai 1994, un premier prototype de la voiture roule. Côté technique, c’est du simple et solide : un moteur issu de la Clio Williams, le quatre cylindres 2,0 litres 16 soupapes de 150 chevaux, et une structure en aluminium et une carrosserie en fibre de verre pour abaisser le poids de l’auto à 930 kg, et qui sera construite à Dieppe. C’est le retour en force des fondamentaux d’Alpine !

Spartiate dîtes-vous ?

Seulement, ce ne sera pas une Alpine. Renault ne donne pas suite à l’A610, et préfère lancer la marque Renault Sport. Ce sera la surprise, en 1995, à Genève, lorsque la voiture est présentée. Côté style, c’est une vraie réussite, avec le clin d’œil à l’Alpine A220 Cévennes des années 1960. La voiture est petite, trapue, presque comme une Lotus Elise ou Hommell Berlinette, toutes deux sorties dans ces périodes.

1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider

Elle en partage son confort des plus spartiates. Si l’on est bien installé, il ne faut pas non plus s’attendre à des fioritures ! On retrouve quelques équipements de confort, comme l’airbag conducteur, la radio. Les réglages du fauteuil se font en longueur, et puis c’est tout. Sinon, pour l’inclinaison, il faut sortir le tournevis ! Notons cependant le chauffage, mais qui reste constamment allumé ! Normal, la chaleur provient du radiateur d’eau !

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À l’extérieur, la voiture est disponible en deux versions : avec saute-vent, ou avec pare-brise. Cette dernière option rajoute tout de même 50 kg sur la balance, et porte la Spider à 980 kg ! Avec saute-vent, la voiture est fournie avec un couvre fauteuil pour protéger de la pluie. Néanmoins, le port du casque est incontournable. Celle avec pare-brise reçoit une capote. La moindre des choses pour une voiture vendue 195'000 francs à l’époque, soit un peu moins de 30'000 € aujourd’hui. Autre détail incontournable de la voiture ? Les portes en élytre. Une raison de plus pour l’acheter, par rapport à ses concurrentes.

1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider

Dès Genève, il est possible de réserver sa Spider via un bon de réservation. Pas un vrai bon de commande, mais un manifeste, pour montrer son intérêt pour une Renault Spider soit en rouge, bleu ou jaune (le gris ne sera proposé que plus tard), et la version de carrosserie que l'on souhaite.

1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider

Sur la route, cette petite bombe le rend très bien, ce prix. Capable d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de 6,9 secondes, elle peut atteindre les 216 km/h en pointe ! Pas mal pour une auto dont les consommations sont dignes de la Renault Mégane de l’époque !

D’ailleurs, cette simplicité de conception se ressent dans l’entretien. Avec son moteur de Clio, la Spider ne demande pas d'attentions particulière, si ce n’est de ne rien casser dessus : Renault a revendu les moules des pièces. Il devient donc aujourd’hui très dur d’en obtenir.

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Collector avant l'heure

Côté ventes, la voiture a très vite été cataloguée comme collector. Cela faisait bien longtemps qu’une Renault ne connaissait un tel engouement auprès du public. 1726 exemplaires, environ un quart en saute-vent, fabriqués à la main (90 heures de montage étaient nécessaires), sortiront de l’usine de Dieppe, dont 90 en version Trophy.

Et oui, avec un tel pedigree, la Renault Spider ne pouvait rester loin des circuits ! La version compétition, destinée à la coupe Renault Trophy, s’offre un moteur de 180 chevaux, et un arceau cage autour du poste de pilotage.

1995 - Renault Spider
1995 - Renault Spider

Une voiture basée sur la Spider tentera également de participer aux 24 Heures du Mans, en 1998. Équipée d’un V6 et engagée sous la marque Helem, la voiture sera refusée au contrôle technique. Pour la petite histoire, le jeune Éric Boullier, aujourd’hui patron de l’écurie McLaren en Formule 1, était de l’équipe technique.

La Spider terminera sa carrière en 1999, marquant la fin de la production de modèles spécifiques à Renault Sport ou Alpine. Un vide de 18 ans qui sera comblé, en janvier prochain, avec le lancement de la future Alpine. Qu’on espère aussi efficace que la Spider !

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