Un nom qui prête à confusion !

De nos jours, l’huile de palme est mise à toutes les sauces. Et pas uniquement dans l’agro-alimentaire. Huile végétale la plus consommée au monde (25 % de la consommation), elle est, initialement, l’ingrédient traditionnel des cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, puis, plus récemment, elle est venue se substituer aux graisses animales et aux huiles végétales hydrogénées dans le processus de fabrication d’aliments en tous genres.

On le sait moins, celle-ci entre également dans le processus de fabrication du biodiesel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’industrie pétrolière s’en sert allègrement. En effet, selon l’ONG Transport & Environment, 46 % de la production mondiale d’huile de palme se retrouverait dans le biodiesel !

Et l’ONG de rappeler que les producteurs d’huile de palme sont responsables d’une déforestation massive visant à faciliter la plantation des précieux palmiers. Amnesty International est également intervenue dans le débat en expliquant que cette industrie "exploite des enfants et sous-paye ses travailleurs", notamment en Malaisie et en Indonésie.

Pire, outre ce qui est qualifié de "détournement alimentaire", le biodiesel serait tout compte fait moins green que le carburant issu de sources fossiles ! Le biodiesel, composé parfois de plus de 80 % d’huile de palme (c’est souvent le cas en Europe), serait deux fois plus polluant que le carburant 100 % fossile ! Selon l’ONG, il libérerait plus de CO2 que le diesel conventionnel. S’ajoute à cela une production qui nécessite des quantités d’énergie considérables… Bref, un bilan environnemental désastreux.

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Transport & Environment invite du coup les géants pétroliers à plutôt se tourner vers le soja, le colza ou encore le tournesol. Mais ici aussi on détourne l’usage premier d’une céréale, à savoir nourrir une population, au profit d’une utilisation qui ne profite qu’aux plus nantis. Une note d’espoir : les agrocarburants de seconde génération, produits à partir de déchets agricoles et de plantes non comestibles, vont lentement mais sûrement pénétrés nos marchés. Tout n’est donc pas perdu !

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