Pas encore diplômés mais déjà expérimentés, ces étudiants de l'Estaca ont construit une voiture des records électrique.

Le défi est un peu fou. Celui d'une vingtaine d'étudiants ingénieurs de l'Estaca, école basée à Laval et Saint-Quentin-en-Yvelines, qui veulent s'offrir un record de vitesse en électrique, sur le lac salé des records, à Bonneville.

Battre des records, en tant qu'étudiants ? Pas vraiment une surprise venant de futurs ingénieurs formés dans cette école spécialisée dans l'automobile et l'aéronautique, et qui a formé des ingénieurs comme Frédéric Vasseur, Rémi Taffin, qui officient chez Renault, ou encore, François-Xavier Demaison, qui a dirigé le programme Volkswagen en rallyes.

Estaca on the salt - Objectif Bonneville

Un véhicule électrique des records ? À l'origine pourtant, ce n'était pas l'idée d'Alexandre Penot, en cinquième année. "Je voulais réaliser un hot rod, avec un gros V8 américain, une vieille carrosserie pour aller à Bonneville", explique celui qui est désormais chef de projet. L'idée ne convainc pas les autres membres de l'association. Le projet reste au point mort.

C'est finalement l'autre chef de projet, Guillaume Tatrie, plus spécialisé dans l'électrique, qui trouve le terrain d'entente : "Il y a trois ans, à Noël, on m'a offert le Tome 2 de la nouvelle saison de Michel Vaillant. Il y avait une petite brochure sur le projet, je me suis dit que ça pouvait intéresser." Il ne pense pas si bien dire. L'idée d'un Streamliner, ces très longues voitures des records, fait consensus.

Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville

Mieux, Guillaume réussit à convaincre Alexandre de concourir en catégorie électrique. "Pas celle de Venturi", précise Alexandre. "Trop rapide, trop compliquée. Celle d'en dessous, avec un record de 345 km/h a battre, nous convient mieux." C'est ainsi que s'est lancée l'aventure. Avec une vingtaine d'étudiants impliqués dans le projet : "De la première à la cinquième année", relance Alexandre. "C'est un projet où tout a été fait par les étudiants. Le démarchage, le choix des éléments mécaniques."

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Electric Appeal

Après deux années et demi de travail, Electric Appeal, comme elle est surnommée, semble bien avancée. Le châssis, tubulaire, fait cinq mètres de long, pour un poids de 100 kg à vide. Derrière, deux moteurs (en tout, 700 volts, pour 350 ampères) utilisés en Formule E vont prendre place, offrant 500 chevaux environ de puissance au Streamliner.

Côté carrosserie, la voiture a été dessinée par un autre étudiant, désormais diplômé, Vincent Zielinger. "Elle fait sept mètres de long, et a pris près d'un an a être conçue", explique Sélina Brun, responsable de la communication du projet, mais qui participe également à la mise au point. La vingtaine d'étudiants sur le projet est actuellement à pied d'œuvre pour terminer la voiture, en vue de la Speedweek de Bonneville, du 12 au 17 août prochains.

Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville
Estaca on the salt - Objectif Bonneville

Une initiative qui fait la fierté de l'école, comme l'explique le directeur délégué de l'Estaca, à Laval, Jean-Michel Durepaire : "C'est un projet ambitieux, 100% mené par les élèves", explique-t-il. "C'est un vrai projet mené par des étudiants qui emmènent une équipe, au-delà de l'ambition technique et du record. L'idée est partie de deux étudiants qui ont réussi à fédérer les autres, que ce soit dans l'école, mais aussi auprès des entreprises."

L'équipe a ainsi su attirer autour d'elle des partenaires comme le groupe Gruau, spécialiste de la transformation de véhicules utilitaires, ou ORECA, préparateur pour la compétition automobile... "Plus que des étudiants, aujourd'hui, il sont de vrais entrepreneurs, avec un vrai potentiel pour le futur."

Reste désormais à boucler le budget. Il manque encore 40'000 euros, sur un budget total de 165'000 euros. Une dernière ligne droite à franchir, en France, avant celle des États-Unis, en août.Une aventure à suivre sur le site de l'association, ou via la page Facebook.

Images : Damien Martinière

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