Une "tradition" française que l'on aimerait oublier...

C'est une bien triste "tradition", si on peut l'appeler ainsi, que la France vit au soir du passage à la nouvelle année. La transition entre 2016 et 2017 n'a pas dérogé à la règle, puisque 945 voitures ont été brûlées pendant ces festivités. Une tradition née au début du siècle, et qui n'a cessé de prendre de l'ampleur, même si notre gouvernement a bien tenté cette année de nous enfumer en sectorisant les chiffres.

Bruno Le Roux, nouveau ministre de l'Intérieur, s'est livré à un premier exercice peu réjouissant mais devenu classique en début d'année : comptabiliser le nombre de voitures incendiées pendant le Nouvel An. Si notre ministre évoque un "phénomène contenu par rapport à 2016", force est de constater que notre gouvernement tente une nouvelle fois de dissimuler la vérité et les véritables chiffres.

Alors certes, cette année, ce sont 650 voitures qui ont été mises à feu "directement" contre 602 l'année précédente. Une très légère augmentation de 8% donc. Un "phénomène contenu" d'après les propos de notre Gouvernement, sûrement de quoi rassurer les personnes qui ont perdu leur moyen de locomotion durant cette nuit, ou les forces de l'ordre mobilisées et notamment le pompier blessé en tentant d'éteindre un incendie dans l'Ain, ou encore les deux policiers victimes de jets de projectiles à Nice, en essayant d'arrêter deux incendiaires.

Mais l'enfumage ne s'arrête pas là. Si le Gouvernement parle de "mises à feu directes", qu'en est-il des autres ? Des "indirectes", des dommages collatéraux tout simplement ? Et bien pour sectoriser les comptages, ont été tout simplement exclues les voitures brûlées stationnées à côté des voitures incendiées volontairement. De ce fait, ce ne sont plus 650, mais 945 voitures qui ont été brûlées, soit une augmentation de 17,5% par rapport à l'année passée. Il faut remonter à 2014 et ses 1067 voitures calcinées pour observer de si mauvais chiffres. Précisons tout de même que depuis cinq ans le nombre de voitures incendiées la nuit de la Saint-Sylvestre a diminué de 20%. Un phénomène contenu donc.

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