Le président de Renault-Nissan est revenu sur les déclarations de Donald Trump sur Toyota, Ford et GM.

En s’attaquant aux intérêts de Toyota via un tweet menaçant, Donald Trump a lancé un pavé dans la mare des constructeurs étrangers vendant aux États-Unis. Doivent-ils désormais s’inquiéter de taxes en cas de constructions d’usines aux États-Unis ? Une question qui peut se poser au groupe Renault-Nissan, qui produit certaines de ses autos au Mexique.

Interrogé sur ce sujet lors de la conférence de presse du CES de Las Vegas, Carlos Ghosn s’est voulu serein quant à l’avenir, assurant que l’Alliance allait rester attentif. "Nous sommes pragmatiques, nous nous adapterons à n’importe quelle situation, à la condition que ce soit la même règle pour tous", a-t-il indiqué. "Tous les constructeurs automobiles vont regarder très attentivement à partir du 20 janvier la nouvelle politique, quelles vont être les règles, et nous les respecterons."

Infiniti Q60 Neiman Marcus Limited Edition
Nissan X-Trail 2.0 l diesel
Mitsubishi GT-PHEV concept

Les constructeurs se sont jusqu'ici basés sur un accord commercial important, celui de l’Alena, l’Accord de libre-échange nord-américain. Il permet notamment de construire des autos au Mexique, où les salaires sont fondamentalement plus bas que ceux pratiqués au Canada et aux États-Unis, tout en profitant d’une exemption de droits de douane.

Ce que lui reproche Donald Trump depuis le début de sa campagne. "Jusqu’ici les règles, c’était l’Alena. Si l’Alena devait changer, nous nous adapterions évidemment aux nouvelles règles." Semble-t-il, pour le moment, que ce soit la future administration Trump qui les dicte. En témoigne la reculade de Ford et de General Motors, suite aux menaces du futur président américain.

Lire aussi:

L'attente comme conseillère

Carlos Ghosn a ainsi expliqué qu’il n’y avait pas de raisons de s’alarmer pour le moment, même si le futur président américain envisageait de durcir la fiscalité douanière de son pays. "Rien ne s’est passé jusqu’ici. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il y a plus de suppositions, de craintes, de nervosité que de choses réelles. Ce que j’entends dans le programme du président élu, ce sont deux choses : l’Amérique d’abord, et les emplois aux Etats-Unis. Il n’y a rien d’incompatible avec ce que nous faisons."

Toute la contrainte de ces prochaines années, si la direction que souhaite prendre Donald Trump se confirme, sera d’adapter les productions : "Nous devons tous faire attention à construire suffisamment de voitures aux Etats-Unis pour fournir le marché américain, précise Carlos Ghosn. Ce n’est pas un problème. Nous avons la plus grande usine, non seulement des États-Unis, mais des Amériques, dans le Tennessee."

Le patron de Renault-Nissan-Mitsubishi l’explique clairement : il est urgent d’attendre. "Notre inquiétude, c’est où nous allons mettre les nouvelles capacités. Avant de prendre ce genre de décision, nous avons besoin de comprendre ce qui va se passer", et donc de voir comment les relations entre les trois pays d’Amérique du Nord vont évoluer. 

Lire aussi:

Faites partie de quelque chose de grand