L’offre de pick-up a littéralement explosé ces derniers mois.

S’il y a bien un segment qui connaît une évolution spectaculaire en terme d’offre c’est bien celui du pick-up "une tonne". Il y a quelques années seulement, un pick-up passait souvent pour un véhicule rudimentaire. Et pour cause ! Il était essentiellement destiné à une clientèle de professionnels. Seulement, les besoins ont évolué.

Aujourd’hui, le pick-up se conjugue également avec les loisirs ; son confort s’est amélioré, ses aptitudes routières sont parfois étonnantes. Au point de commencer à intéresser les spécialistes du premium. D’autant qu’ils sont considérés comme des utilitaires par les pouvoirs publics, ce qui signifie qu’ils profitent d’une fiscalité avantageuse. Eh oui, ils sont carrément exonérés de malus écologique, tout comme de la taxe sur les véhicules de société (TVS) ! Quant à la récupération de la TVA, elle est possible sur les modèles à simple cabine ou à cabine approfondie. Voilà de quoi rendre leur acquisition particulièrement tentante. Alors, pourquoi pas vous ?

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Une fiscalité avantageuse

Si l’on se focalise sur le marché français, voire européen, longtemps le pick-up a été l’apanage de quelques constructeurs japonais. Toyota, Nissan, Mitsubishi et Isuzu proposaient des véhicules "tous terrains". S’ils continuent à le faire, ils ont participé à leur manière à une évolution de l’offre. La dernière génération du Toyota Hilux en est la parfaite illustration. Tout en respectant les codes du segment, il s’est "VPisé" (rapproché d’un véhicule particulier), que ce soit en matière de style, d’aptitudes routières ou d’équipements. Il demeure toutefois disponible sous les trois grandes carrosseries qui permettent de couvrir l’intégralité du marché : simple cabine, cabine approfondie ou double cabine. Une caractéristique qu’il partage d’ailleurs avec l’Isuzu D-Max. Chez Mitsubishi en revanche, le L200 fait l’impasse sur la simple cabine. C’est avec ce dernier que le groupe Fiat a récemment choisi de s’associer afin d’inscrire au catalogue de sa marque Fiat Professional – celle qui concentre l’offre de véhicules utilitaires du groupe transalpin – son Fullback, lequel est logiquement proposé en cabine approfondie ou double et reprend, à l’exception de la calandre, presque trait pour trait les lignes du L200.

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Ford et Volkswagen s’en mêlent

Parmi les marques japonaises, il faut bien entendu mentionner le NP 300 Navara de Nissan, l’une des trois plus grosses ventes de pick-up sur le marché français. Lui aussi privilégie la cabine approfondie (également parfois dénommé "King Cab") et la double cabine. Dès 2005 toutefois, en s’associant à Mazda à l’époque, Ford, qui commercialise outre-Atlantique le best-seller F150 depuis des décennies, avait senti le potentiel du pick-up sur les marchés européens. Bien lui en a pris puisque son Ranger a été de nouveau en 2016 le modèle le plus vendu en France sur son segment. Parmi les constructeurs européens, on retiendra que Volkswagen fut le premier, dès 2010 avec l’Amarok, à offrir un véhicule dont le positionnement se distinguait clairement. La dernière évolution du modèle introduite l’an passé va d’ailleurs encore plus loin puisqu’elle propose un moteur V6 manifestement réclamé par une partie de la clientèle ; on y reviendra.

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Nissan, Renault et Mercedes : le triplette infernale ?

En 2016, Renault a dévoilé pour sa part l’Alaskan qui reprend la plateforme du Nissan Navara tout en proposant des lignes qui lui sont propres et qui l’intègrent parfaitement à la gamme actuelle du constructeur au losange. Les accords de partenariats entre l’Alliance Renault-Nissan et le groupe allemand Daimler ont donné l’opportunité à Mercedes de développer à moindre coût son propre pick-up, lequel a été dévoilé en fin d’année dernière à l’état de concept. La commercialisation du Classe X n’est cependant plus qu’une affaire de mois… assurant à Mercedes d’être le premier constructeur premium à commercialiser un tel véhicule.

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La parole aux constructeurs

Une telle prolifération de modèles ne risque-t-elle pourtant pas de finir par atrophier la demande ? Chaque constructeur aura-t-il droit à sa part de gâteau ? Fabrice Devanlay, directeur de la communication et des relations extérieures de Ford France, estime que le marché français "n’étant pas encore mâture, il y a de la place pour de nouveaux arrivants". Le représentant de Ford France trouve trois raisons à l’attrait que suscite actuellement le pick-up : "Il existe un besoin qui n’est pas couvert par ailleurs, notamment dans le domaine des loisirs. Même chez les constructeurs spécialisés, les 4x4 tels qu’on les concevait autrefois, avec une boîte de vitesse à rapports courts, un pont enclenchable, ont pratiquement disparu pour céder la place aux SUV. Il y a aussi un effet d’offre. Enfin, le statut fiscal, à caractère ponctuel, dont jouissent les pick-up participe largement à un écosystème favorable à la croissance".

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Ce sentiment est partagé par Philippe Maury, attaché presse de Fiat Professional : "Les pick-up proposent une polyvalence que l’on ne retrouve plus avec les SUV voire les 4x4 d’aujourd’hui. Le segment est dynamique et face à l’augmentation actuelle de l’offre, chaque marque a son propre positionnement". Chez Fiat Professional, ce dernier est clair : "Le Fullback est conçu pour le travail ; il n’est pas du tout positionné sur le haut de gamme. Notre pick-up s’adresse aux artisans et aux commerçants en région ou de zones montagneuses qui peuvent éventuellement se servir de leur véhicule pour des loisirs le week-end". Face à un environnement devenu très concurrentiel et en raison des acteurs historiquement présents, il ne doit pas toujours être facile de se faire une place, ce dont convient d’une certaine façon Philippe Maury : "Fiat doit encore se faire connaître sur ce segment".

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Chez Mercedes, le positionnement du futur Classe X sera forcément différent. "Grâce au partenariat entre Daimler et l’Alliance Renault-Nissan, Mercedes a eu la possibilité de se positionner rapidement sur ce marché », explique Francis Michel, responsable presse de Mercedes Vans. Lui aussi estime que "le marché du pick-up une tonne est promis à une belle croissance". Le Classe X, dévoilé sous la forme d’un concept car, proposera deux gammes distinctes, l’une qualifiée de "baroudeuse", l’autre de "lifestyle à vocation plus urbaine ou péri-urbaine". Dans les deux cas, le produit se voudra premium. Francis Michel reconnaît d’ailleurs que "pour des raisons de prix, Mercedes n’a pas souhaité faire de son pick-up un véhicule pur et dur". Pourtant très investi dans le domaine de utilitaire, Mercedes "n’envisage pas dans l’immédiat en France" de proposer un simple cabine, les tarifs étant "souvent très agressifs" pour ce type de carrosserie. Illustration du positionnement haut de gamme du pick-up de la marque à l’étoile, celui-ci sera "commercialisé dans les deux réseaux de la marque" (véhicules particuliers et véhicules utilitaires – ndlr). Si le Classe X sera "dans un premier temps disponible avec des moteurs quatre-cylindres d’origine Renault-Nissan, un V6 sera aussi inscrit au catalogue un peu plus tard". Ce nouveau modèle permettra ainsi à Mercedes "de conquérir une nouvelle clientèle". Sera-t-il donc seul sur sa planète ? Pas forcément, estime le responsable presse de Mercedes Vans : "notamment en V6, le Volkswagen Amarok constituera un concurrent potentiel de notre Classe X".

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Kérim Bournonville, directeur de la marque Volkswagen Véhicules Utilitaires, nous permet de mieux cerner le profil de la clientèle de l’Amarok : "D'après les cartes grises, il s’agit à 92 % d’un homme. Il est le plus souvent marié, avec deux enfants, patron d’une petite entreprise de moins de dix salariés. Il exerce des activités en plein air, travaille dans le secteur de l’agriculture, de la viticulture, de la construction ou des stations de sport d’hiver". Le directeur de la marque Volkswagen Véhicules Utilitaires ne craint pas non plus l’arrivée de nouveaux constructeurs : "Les entrants vont dynamiser le marché" sur lequel l’Amarok est proposé comme "le plus premium possible". L’arrivée l’an dernier d’un bloc V6 n’a fait que confirmer le positionnement du Volkswagen. C’est toutefois clairement pour répondre à une attente exprimée par la clientèle, notamment "de couple à bas régimes", que cette motorisation a été ajoutée au catalogue de la marque allemande. Volkswagen se prépare aussi à riposter à l’introduction du Classe X : "Nous allons continuer à décliner notre offre à travers de nouveaux accessoires et davantage d’équipements de série", prévient Kérim Bournonville.

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Renault fait coup double

Terminons avec Renault dont la commercialisation de l’Alaskan n’a pas encore été confirmée pour l’Europe alors même qu’un modèle était fièrement exposé sur le stand du constructeur au losange à l’occasion de la dernière édition du Mondial de l’automobile de Paris, au mois d’octobre 2016. Marina Picard, directrice gamme commerciale pick-up de la division utilitaire monde de Renault, explique les raisons de la présentation coup sur coup des Renault Duster Oroch et Alaskan : "Elle est liée à l’ambition de Renault Véhicules Utilitaires de passer d’un statut d’acteur régional à celui d’acteur mondial. Il manquait à notre marque une offre pick-up, laquelle représente 40 % du marché du véhicule utilitaire dans le monde. Il nous fallait donc agir fort". Le Duster Oroch se positionne sur le segment des pick-up "half ton" (demie tonne) lorsque l’Alaskan est un concurrent potentiel des modèles déjà évoqués. Si Marina Picard convient "qu’en Europe l’Alaskan est attendu partout", elle ne dévoile rien de plans qui seront sûrement annoncés dans les mois à venir. Elle souligne toutefois que sur certains marchés d’Amérique latine, sur lesquels l’Espace de dernière génération n’est pas au catalogue de la marque, l’Alaskan "se trouve être le modèle le plus premium de la gamme". Paradoxe qui ne devrait pas se produire en Europe le moment venu. La directrice gamme commerciale pick-up de Renault insiste toutefois sur un élément qu’elle estime être en mesure de distinguer l’Alaskan du reste de ses concurrents : le style. "Nous avons clairement joué la carte du design tout en respectant les codes stylistiques du segment. Nous pouvons également nous appuyer sur notre expertise en matière de véhicule utilitaire", affirme-t-elle.

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Citroën ou Peugeot ?

Un autre acteur, qui a déjà fait part des intentions, manque encore à l’appel. À savoir PSA, qui dérivera du Toyota Hilux un modèle dont on ne sait toutefois pas encore s’il portera le badge de Citroën ou celui de Peugeot, voire des deux. Bref, que l’univers du pick-up vous tente ou que vous envisagiez de renouveler votre propre pick-up, peut-être est-il urgent d’attendre quelques mois afin de pouvoir profiter d’une offre qui n’aura jamais été aussi importante !

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