Une enquête publiée la semaine passée révèle que 83% des Français estiment que privatiser les radars embarqués serait mauvais. Pourtant, le projet est en passe d'être finalisé.

L’histoire débute le 2 octobre dernier, lorsque le Comité interministériel à la Sécurité routière (CISR), présidé par le Premier ministre Manuel Valls, a recommandé clairement d’augmenter la capacité d’emploi des radars embarqués dans des voitures banalisées, confiant pour ce faire la mise en service du système à des sociétés privées.

La mesure expliquait de fait qu’il devenait urgent "d'augmenter, dans les meilleurs délais, l'utilisation des radars embarqués dans les véhicules banalisés, en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agréés, sous étroit contrôle de l'État". Mais cela n’est pas du goût de tous…

En effet, une enquête publiée par le quotidien Le Parisien révèle que 83% des Français voient l’idée d’un mauvais œil, à l’heure où l’État s’apprête à finaliser la mise en application du projet. 76% des personnes interrogées pensent également que cette mesure aurait pour unique objectif d'engranger des bénéfices, tandis que 70% estiment que cela n'améliorerait en rien la sécurité routière.

De son côté, le gouvernement envisagerait de privatiser les 260 radars aujourd’hui embarqués dans des véhicules banalisés. Plusieurs associations craignent à présent que l’État en profite pour multiplier le nombre de ces radars dans l’ensemble du pays.

Parmi elles, 40 millions d’automobilistes, qui demande ni plus ni moins au gouvernement d’abandonner le projet. L’association a lancé un site web en guise d’appel aux automobilistes et aux motards à s’opposer formellement à cette privatisation. Elle souligne aussi via un communiqué de presse que la mesure est inenvisageable car "les radars embarqués ne peuvent être gérés par des organismes privés dont le seul objectif serait la réalisation de bénéfices et non la sécurité routière". Le même son de cloche que du côté des citoyens, donc.

"Si l'État donne la gestion des radars embarqués aux sociétés privées, cela marquera le point de départ d'un système aux multiples dérives. Les automobilistes ne se sentiront pas plus en sécurité sur les routes mais harcelés", ponctue Daniel Quero, le président de l'association.

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