La Sécurité Routière a dévoilé en cette fin de semaine les chiffres de l’accidentalité routière du mois d’août, traditionnellement marqué par un grand nombre de déplacements personnels liés au chassé-croisé des vacances estivales. Un moins également souvent tristement meurtrier.

Mais cette année, les données collectées par l'ONISR (Observatoire national interministériel de la Sécurité routière) font état d'une baisse de 9% de la mortalité, ce qui représente 30 fatalités de moins que sur la même période l’an dernier. Des résultats forcément encourageants, et qui font espérer des tendances similaires pour la fin de l’année.

L’association 40 millions d’automobilistes espère en tous les cas que ces chiffres ne seront pas manipulés par certaines voix comme celle du Ministère de l’Intérieur pour justifier une politique toujours plus répressive à l’encontre des automobilistes. Ces chiffres ne sont pas selon l’association l’illustration d’une quelconque conséquence d’une peur des sanctions canalisant les automobilistes avec succès. Le groupe va même jusqu’à dénoncer une "hypocrisie".

"On veut nous faire croire que l'augmentation de l'accidentalité qui était constatée depuis 2 ans sur les routes était due au relâchement des comportements des automobilistes, et que la seule réponse possible était d'accentuer encore la répression à leur encontre, en particulier à grand renfort de radars. C'est parfaitement faux et totalement aberrant. Si c'était si simple, au regard du catalogue d'outils répressifs dont dispose la France, on devrait être les champions du monde de la sécurité routière. Or, c'est loin d'être le cas", martèle ainsi Daniel Quero, Président de "40 millions d'automobilistes".

"(...) Au regard du catalogue d'outils répressifs dont dispose la France, on devrait être les champions du monde de la sécurité routière. Or, c'est loin d'être le cas"

Selon lui, le Gouvernement utilise à son avantage depuis des années le moindre soubresaut dans les chiffres de l'accidentalité routière pour renforcer toujours plus fortement son arsenal répressif et se montrer toujours plus intransigeante à l'encontre des usagers de la route.

"La mauvaise nouvelle, c'est que le Gouvernement risque de se servir de ces bons résultats pour proclamer l'efficacité des mesures punitives instituées ces derniers mois, alors que leur effet réel est négligeable", poursuit Pierre Chasseray, délégué général de l'association, qui pense que les constructeurs automobiles ainsi que les aménagements des routes ont un impact sensible et généralisé sur les chiffres de fatalités en Europe.

"Si l'on regarde l'ensemble de la courbe de l'accidentalité routière depuis le milieu des années 1970, non seulement en France, mais aussi dans l'ensemble des pays européens, on constate une baisse régulière de la mortalité, malheureusement interrompue ponctuellement par une légère ré-augmentation du nombre d'accidents mortels", conclut-il.

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