Véritable best-seller de la marque allemande, le Volkswagen Tiguan se renouvèle après plus de neuf ans de carrière pour la première génération sortie en 2007. À l'occasion, il inaugure la nouvelle plateforme MQB, une première pour Volkswagen puisqu'à ce jour cette structure était utilisée uniquement chez Audi. De ce fait, l'habitabilité fait un véritable bon en avant et nous serons même tentés de dire que la voiture saute un segment supplémentaire en s'installant un cran au dessus des SUV compacts.

À lire aussi : Essai - Jaguar F-Pace 2.0D AWD

Par rapport à son prédécesseur, le nouveau Tiguan gagne sept centimètres en longueur et quatre centimètres en largeur offrant ainsi un espace considérablement meilleur à bord. La nouvelle plateforme bénéficie également au coffre qui fait un bon de 145 litres par rapport à la version précédente, puisqu'il peut contenir au minimum 615 litres (1655 banquettes rabattues) contre « seulement » 470 litres pour la première génération.

Un design assumé et statutaire

Avec un tel design, je crois bien que l'on tient la plus germanique des autos. Calandre verticale, feux au dessin très rectiligne, pincements de carrosserie très marqués, sont autant d'éléments caractérisant le nouveau Tiguan qui ne peut certainement pas se targuer du label de la voiture la plus belle ou la plus originale de l'année mais certainement celui de la plus sérieuse.

D'extérieur, elle impose une forme de confiance, de stature, et surtout de qualité perçue un peu à l'image de la dernière génération de la Passat. Elle se fond parfaitement au sein du traffic routier, sans fioritures, et les seuls regards prononcés autour de la voiture sont simplement dus à la nouveauté mais aussi aux clients de l'ancienne génération surement déjà conquis par le charisme que dégage leur probable future auto.

Volkswagen Tiguan II

Un intérieur en partie à l'image de l'extérieur

Oui en partie seulement, car l'ensemble arbore tout le sérieux de la marque allemande mais sans grande originalité par rapport à l'extérieur qui rompt parfaitement avec l'ancienne génération. J'entends par là le fait que la planche de bord est tout à fait conventionnelle aux modèles Volkswagen, et est tout simplement  reprise quasiment dans son intégralité à la Golf VI. Donc globalement, les matériaux sont de qualité, même les plastiques bas, et l'assemblage est minutieux et soigné. C'est simple, absolument rien ne bouge, de plus, l'ergonomie est plutôt bonne avec un nouvel écran tactile minimisant ainsi l'usage de boutons physiques. Les plus importants sont bien évidemment encore présents, mais concrètement, au niveau de la console centrale, il n'y a plus grand chose puisque toutes les commandes principales ont été déportées au niveau du volant multifonctions.

Justement, derrière le volant, on retrouve désormais cette fameuse dalle numérique que tant de constructeurs veulent démocratiser. Initialement incorporé sur l'Audi TT puis ensuite sur A3, A4, Q7, R8 et bientôt sur l'ensemble de la gamme aux quatre anneaux, le cockpit virtuel comme il est communément appelé, prend place dans le Tiguan pour exactement les mêmes fonctions que sur l'Audi, mais avec une interface différente, et une résolution plus faible afin de marquer tout de même la -courte- différence entre les deux marques. Ainsi, vous retrouverez l'instrumentation classique mais au format numérique, le GPS directement sous vos yeux, votre téléphone ou encore les réglages des différentes aides à la conduite.

Le cockpit virtuel est pour le moment la seule pointe d'excentricité d'un habitacle toujours aussi austère...

Notre modèle d'essai est pourvu de la finition "Carat", soit le troisième niveau de finition situé juste en dessous de la finition "Carat Edition" qui inclut le châssis sportif, la direction dynamique ou encore les détecteurs d'angles morts. Notre modèle d'essai étant bien équipé, il pourrait quasiment s'apparenter au modèle "Carat Edition". Sur notre finition "Carat" nous retrouvons ainsi la dalle numérique de série, la lecture des panneaux, le régulateur adaptatif, les optiques arrière à LED 3D, les barres de toit chromées, le toit ouvrant panoramique et la navigation complétée du sytème CarNet (avec abonnement sur 36 mois) permettant d’interagir directement avec votre smartphone. Une finition plutôt complète donc, disponible à partir de 37'370€ avec la motorisation 1.4 litres TSI ACT BlueMotion Technology et la boite DSG 6. Notre modèle d'essai est équipé en option de la direction dynamique, du DCC (système d'amortissement piloté) et du système Side Assit Plus avec détecteur d'angles morts et assistant de sortie de stationnement. Un modèle donc quasiment semblable à une version "Carat Edition" à quelques éléments près.

Volkswagen Tiguan II

Le summum de la polyvalence

Équipé du bloc 2.0 litres TDI 190 chevaux associé à la transmission intégrale 4Motion et à la fameuse boite robotisée DSG 7, notre Tiguan est un régal à conduire pour tous les jours. À la fois plus grand, plus habitable, et pourtant plus léger que l'ancienne version, notre véhicule de test, pourvu en prime de la direction dynamique et du DCC, est un modèle du genre en ville. Très souple à l'usage, l'alliage entre les suspensions, la boite, le moteur et la direction est parfait. Vous pouvez en prime contrôler en quelque sorte le comportement de votre voiture. Ainsi, en ville, privilégiez le mode confort permettant d'obtenir des suspensions souples et une direction d'une légèreté déconcertante afin de s'affranchir des trajets du quotidien. Le Volkswagen Tiguan de deuxième génération frôle la perfection en ville et sait se faufiler dans les moindres recoins, ce n'est pas son très bon diamètre de braquage de 11,5 mètres qui nous contredira. Un petit temps d'adaptation sera tout de même nécessaire afin de prendre en compte son gabarit et notamment ce capot qui nous paraît immense de l'intérieur, mais qui, finalement, nous piège en raison de sa hauteur. Dans tous les cas, les multiples et agaçantes alertes sonores vous mettront en garde en cas de danger imminent.

Sur autoroute rien à redire également, la voiture est parfaitement insonorisée et les claquements du TDI sont quasiment imperceptibles. Le comportement sur routes plus sinueuses est quant à lui un peu plus mitigé. On aurait justement tendance à lui reprocher cette souplesse au niveau de la direction. En effet, si du côté des suspensions il n'y a rien à redire puisqu'elles s'adaptent en fonction de la conduite et donc font virer la voiture quasiment à plat à chaque virage en minimisant le roulis, ce n'est pas forcément le cas de cette direction pourtant dynamique qui doit s'adapter en fonction de la vitesse et de l'usage. Elle manque à mon goût de consistance et s'avère être le seul petit point noir quant au comportement dynamique général de la voiture.

Difficile de cerner une once de plaisir de conduite au sein du Volkswagen Tiguan, mais ce n'est pas vraiment ce qu'on lui demande.

Le moteur 2.0 litres TDI 190 chevaux est quant à lui volontaire à tous les régimes et la plage d'utilisation est semblable à tous les autres diesel. En revanche j’émets peut-être plus de réserve sur la motorisation du dessous de seulement 150 chevaux indexées à la transmission 4Motion et à la boite DSG qui pourrait être un peu juste pour accuser le surpoids du à ces deux éléments. L'essence 2.0 litres TSI 180 chevaux lui s'accommodera parfaitement à cette configuration et fort heureusement puisqu'il s'agit pour le moment du seul moteur essence combiné à ces deux technologies. À l'avenir, deux petites motorisations vont agrémenter le catalogue avec un TDI 115 chevaux et un TSI 125 chevaux, tous deux proposés en 4x2, et une plus grosse motorisation TDI 240 chevaux bi-turbo qui ira parfaitement avec un pack esthétique R-Line à l'extérieur par exemple.

Avec la transmission intégrale 4Motion, le Tiguan offre également une sorte de mode tout-terrain -toutes proportions gardées- permettant ainsi de jouer sur les différents modes de conduite et la répartition du couple, qui peut varier en continu de 100% sur les roues arrière à 100% sur les roues avant, en fonction de l'adhérence.

Volkswagen Tiguan II

En conclusion

Globalement, on tient peut-être le meilleur SUV intermédiaire de la catégorie. Il se place un cran au dessus de l'Audi Q3 et de la BMW X1, et avec ses nouvelles dimensions, il peut même aller titiller les Audi Q5 ou autre BMW X3, deux produits vieillissants et sur le point d'être renouvelés. Le niveau de technologie embarqué est nettement au-dessus du lot, le panel d'options disponibles est, comme à l'accoutumée chez Volkswagen, long comme le bras, mais les finitions les plus hautes sont assez bien fournies, notamment avec le toit ouvrant panoramique disponible dès le troisième niveau de finition.

En terme de consommation cela reste correct pour la catégorie avec une moyenne relevée autour de 8 l/100 km, tout à fait convenable donc pour une voiture pesant 1723 kilos indexée à une motorisation de 190 chevaux. La moyenne diminue drastiquement sur autoroute avec des données relevées aux alentours de 5,8 l/100 km. Notons tout de même que notre version d'essai n'échappe pas au malus écologique de 900€ en raison d’émissions de 149 g/km de CO2. Cette somme s'ajoute donc à un tarif bien salé, puisque même si le nouveau Tiguan débute dès 25'950€, il faut compter pas moins de 47'970€ pour notre version d'essai 2.0 litres TDI 190 chevaux BlueMotion Technology Carat 4Motion DSG7. Oui c'est autant qu'un modèle similaire chez Audi, et bien équipé qui plus est.

 

 

 

Points positifs Points négatifs
Design statutaire Direction dynamique atone à allure soutenue
Finitions ultra soignées Intérieur toujours assez austère
Niveau de technologie nettement en hausse Tarifs vraiment élevés 

Volkswagen Tiguan

Motorisation TDI, 4-cylindres en ligne, 1.968 cm³, 16 soupapes, injection directe à rampe commune
Puissance 190 chevaux / 400 Nm
Transmission Intégrale - 4Motion
0-100 km/h 7,9 secondes
Vitesse de pointe 212 km/h
Poids 1723 kilos
Volume de coffre 520 litres / 1655 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 6,5 l/100 km / Extra-Urbain : 5,2 l/100 km / Mixte : 5,7 l/100 km
Prix de base 25'950€
Prix de la version testée 47'870€

Faites partie de quelque chose de grand