Depuis maintenant plus d'un an et demi, Citroën et DS se sont officiellement scindés afin de former deux marques distinctes à la philosophie bien différente. En effet, DS symbolisera maintenant la nouvelle marque premium "à la française" comme on aime l'appeler, et Citroën une marque aux produits plus accessibles qui se veulent à la fois fun et dans l'ère du temps, avec son lot d'originalité.

Aujourd'hui, DS est une marque à part entière, certes, mais une jeune marque. Elle ne peut pas se targuer d'avoir une gamme fournie comme ses concurrents, mais propose, avec les moyens du bord, de nouvelles déclinaisons en attendant l'arrivée d'un nouveau plan produit prévu d'ici quelques mois et composé de cinq nouvelles silhouettes.

Lire : DS Performance Line - Allure raffinée, dynamisme affirmée

La DS 4 Crossback en est le parfait exemple. Tenté de faire du neuf avec un produit non pas ancien, puisque la première génération date de 2011 et était encore badgée Citroën, mais pas vraiment avec tous les codes propres aux véhicules premium contemporains. En effet, quand la Citroën DS 4 est sortie en 2011, elle s’appuyait sur de nombreux éléments communs avec la Citroën C4. Des éléments que l'on retrouve encore aujourd'hui et n'ayant pas lieu d'être dans un véhicule de ce type et à ce prix.

DS 4 Crossback

Un air de baroudeuse ?

Arrivée en 2015, la DS 4 Crossback inaugure une nouvelle identité avec la calandre "DS Wings" entourée des feux "DS LED Vision". Ces nouveaux feux caractérisent une volonté de montée en gamme avec une association entre LED et Xénon afin de retranscrire au maximum la lumière blanche émise par la lumière du jour.

La calandre, quant à elle, est la nouvelle signature de chez DS. On l'a vu pour la première fois sur DS 5 et plus récemment sur DS 3. On note par ailleurs une forte connotation à l'identité d'Audi qui démocratise sa fameuse calandre "Single Frame" à l'ensemble de sa gamme.

Une face avant que je trouve personnellement assez chargée avec ses nombreuses touches de chrome, même si la version Crossback opte pour d'avantage d'éléments peints en noir par rapport à son homologue berline. Justement, par rapport à cette dernière, la Crossback reçoit quelques éléments spécifiques comme ces nouvelles barres de toit en aluminium, ces renforts en plastique au niveau des passages de roue, des jantes spécifiques "Brisbane" uniquement disponible en noir et le lettrage noir "Crossback" situé sur le hayon attestant de son identité.

DS 4 Crossback

Une habilité discutable

Avant d'évoquer le cas de l'habitabilité pour le moins surprenante de la DS 4, évoquons l'ambiance globale qui règne à bord. La nouvelle DS 4 Crossback n'a pas vraiment évolué par rapport à la première génération, elle reçoit simplement un nouvel écran tactile avec fonction Mirror Screen pour moderniser un peu l'ensemble.

Sinon, globalement, l'ensemble est fortement inspiré de la Citroën C4 actuelle et donc, sans surprise, loin d'être au niveau des nouveaux standards premium.

Même si un effort a été fait avec la présence de plastique moussé au niveau de la planche de bord, on note malheureusement encore beaucoup de plastiques durs apparents, notamment au niveau de la console centrale. Les assemblages alternent le bon et le moins bon, et la qualité de finition générale ne fait clairement pas entrer cette DS 4 dans la catégorie des véhicules dits haut de gamme.

Que dire également de l'habitabilité. Il s'agit tout bonnement d'une voiture de couple qui n'apporte pas grand chose de plus que la DS 3, hormis une trentaine de centimètres en plus. À l'arrière, l'espace au genou est très mince voir même inexistant quand les deux occupants à l'avant dépassent le mètre 80.

De plus, le fait d'avoir opté pour de grandes portes à l'avant et de plus petites à l'arrière ne facilite pas l'accessibilité, puisque l'on se retrouve avec le passage de roue qui occupe une partie de l'espace alloué à l'accessibilité. À cela rajoutez-y des vitres arrière fixes qui ne s'ouvrent et ne s’entrebâillent pas, et vous obtenez surement la voiture la moins habitable de la catégorie, du moins pour les passagers arrière. La capacité du coffre quant à elle est correcte, sans plus, puisque DS annonce une contenance de 359 litres.

DS 4 Crossback

La polyvalence comme maître-mot

Si la DS 4 Crossback est pour le moment assez loin de faire un sans faute, elle se rattrape plutôt bien sur la route. Malgré un châssis vieillissant (la voiture ne repose pas sur la plateforme EMP2 mais sur la PF2 ), le comportement routier est plutôt bon et l'alliage entre le bloc quatre-cylindre 1.6 litres BlueHDI de 120 chevaux et la boite de vitesses automatique à convertisseur de couple EAT6 est clairement réussi.

La polyvalence semble être le mot adéquat pour caractériser les qualités routières de la voiture. En milieu urbain, notre DS 4 Crossback est souple et très maniable. Le moteur est volontaire à bas régime et la boite de vitesses est aussi douce que les relances. Le changement de boite et le passage à une vraie boite automatique contrairement à l'ancienne boite robotisée à simple embrayage a été une véritable avancée pour le confort de conduite. Les à-coups ont laissé place à des passages de rapports doux et imperceptibles.

La DS 4 Crossback possède très certainement l'un des meilleurs alliage moteur - boite de vitesses de son segment, le tout, avec des consommations très faibles pour la catégorie.

En dehors de la ville, le BlueHDI 120 chevaux se montre correct, sans extravagances, les relances sont plutôt bonnes, mais globalement les moteurs de la gamme supérieure, à savoir l'essence 1.6 litres THP 165 chevaux ou le diesel 1.6 litres BlueHDI de 180 chevaux, s'y prêteront mieux. L'avantage d'opter pour cette petite motorisation reste indéniablement la consommation, puisque nous avons noté une consommation mixte oscillant autour de 5,5 l/100 km sans pour autant ménager la voiture.

En conduite dynamique, la voiture fait preuve d'une agilité étonnante, elle ne s'affaisse pas en courbe et le roulis est parfaitement maitrisé. Plus confortable que l'ancienne génération grâce à un tarage des suspensions revu, la DS 4 Crossback n'atteint pas le niveau de confort d'une Citroën C4, mais fait largement mieux que ses concurrentes attitrées que sont les Volvo V40 Cross Country et les Mercedes GLA. C'est bien là l'un des seuls points où elle peut les dépasser.

DS 4 Crossback

Conclusion

Même si elle alterne le bon et le moins bon, la DS 4 Crossback reste globalement une bonne voiture, mais souffre de quelques défauts. Surtout quand elle vise le marché des compactes premium. L'habitabilité à l'arrière est réellement le point noir de cette auto, proposer des vitres fixes et un espace au genou si faible à ce niveau la place donc tout en bas de la catégorie. Il en va de même pour les matériaux utilisés, le plastique dur n'a aujourd'hui plus sa place dans un produit orienté haut de gamme.

Même si les évolutions sont maigres et se cantonnent uniquement à une modification de la calandre et au rajout de renforts latéraux, la DS 4 reste tout de même une réussite esthétique apportant même un peu d'originalité avec ses hanches marquées et ses faux airs de baroudeuse. Mais ce que l'on retiendra principalement de cette voiture, c'est l'alliance entre le moteur et la boite de vitesses, qui n'offre pas des performances exceptionnelles, certes, mais s'avère redoutablement efficace pour un usage mixte avec des consommations maitrisées pour ceux ne voulant pas passer la majorité de leur temps à la pompe !

Photos : Yann Lethuillier / Motor1.com

 

 

Points positifs Points négatifs
Alliance moteur - boite de vitesses Qualité des matériaux
Consommations Technologies pas au goût du jour
Maniabilité Volant beaucoup trop imposant

DS DS 4 Crossback

Motorisation 4-cylindres en ligne, huit soupapes, injection directe, 1.560 cm3 – BlueHDI (High pressure Direct Injection)
Puissance 120 chevaux / 300 Nm
Transmission Automatique à six rapport – EAT6
Type de transmission Traction
0-100 km/h 11,4 secondes
Vitesse de pointe 190 km/h
Poids 1310 kilos
Places 4
Volume de coffre 385 litres
Economie de carburant Urbaine : 4,5 l/100 km / Mixte : 3,9 l/100 km / Extra-Urbaine : 3,6 l/100 km
Prix de base 27'200€
Prix de la version testée 38'830€

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