Le groupe Renault va mieux. Beaucoup mieux qu'on aurait pu l'espérer il y a cinq ans. La marque au losange vient de conclure son troisième semestre avec une augmentation de 16% de ses ventes, soit 721'741 véhicules vendus, et un chiffre d'affaires en augmentation de 13%, soit 10'546 millions d'euros.

Le contexte économique, de nouveau favorable, explique en partie cette montée en puissance. Le marché mondial est actuellement en hausse de 5%. Là où le Losange a su être malin, c'est d'avoir renouvelé l'ensemble de sa gamme depuis deux ans. 30 lancements depuis 2012, cela semble être la clé de cette réussite.

Prenons le marché européen, le plus important pour Renault. Lui-aussi en forte croissance (+5,3%), Renault y affiche de son côté, une progression de 11,3%, portant ainsi ses parts de marché à 9,5%. Dans cette poussée, c'est bien la gamme du Losange qui est le stakhanoviste. Pouvant compter sur le lancement des Mégane, Kadjar, Espace et Talisman, Renault profite aussi de la bonne forme de la Clio, qui se maintient au deuxième rang des véhicules les plus vendus en Europe.

Renault Kadjar
2017 Renault Megane Sedan
Renault Clio R.S. 2016 Mondial de l'Automobile
 

En France, la progression est aussi intéressante. En augmentation de 3,9%, le Groupe Renault y a vendu 123'000 véhicules lors de ce troisième trimestre, soit 1/6 du volume total. Une période qui n'est pourtant pas spécialement favorable à la vente, avec des mois plus légers en été. On retrouve notamment la Clio en tête, tandis que le Captur domine largement le groupe des SUV.

À l'étranger, la bonne forme est également maintenue, que ce soit au Maghreb (+13%), aux Amériques (+21,7%) ou en Asie (+25,6%). Seul le marché eurasien est en baisse, plombé par la Russie.

Pourtant, de tels résultats n'étaient pas forcément attendus aussi hauts. La faute à deux imprévus économiques : la baisse du pesos en Argentine, et celle de la livre sterling, au Royaume-Uni, suite au Brexit. Clotilde Delbos, directeur financier de la marque a tenu à préciser que Renault était très prudent sur "les fluctuations des prix sur le marché. Personne ne sait ce que le niveau de la livre va être à la fin de cette année." Une inquiétude, mais pas non plus de quoi remettre en cause les objectifs actuels du groupe.

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Brillant retour

Il est loin le temps où Renault perdait 200 millions d'euros chaque semestre. C'était début 2012, en plein milieu de la crise européenne. Le chiffre d'affaires du premier semestre était loin d'être aussi brillant. Renault perdait 8,6% par rapport à ses résultats précédents, et surtout, le CA tombait à 9,54 milliards d'euros.

À ce moment, Renault était au plus bas, tout comme le groupe PSA, qui, dès janvier, sentant le mauvais vent venir, annulait ses programmes en compétition, et notamment, les 24 Heures du Mans. Il faut dire aussi que le losange ne disposait pas encore de la gamme dont il peut se targuer aujourd'hui. L'Espace, en vente depuis 2002, commençait à vieillir. La Twingo allait recevoir son restylage et peinait à convaincre, tout comme la Laguna. Enfin, le best-seller de Renault, la Clio, était aussi en fin de carrière. La marque n'avait pas encore non plus réellement posé les bases de sa future gamme électrique, à l'image de la Renault Zoé, encore en développement.

Renault Zoé Z.E. 40 2016 Mondial de l'Automobile
Renault Zoe live in Geneva 06.03.2012

Depuis beaucoup de choses ont changé. L'ensemble de la gamme a été renouvelé. Surtout, le pari de l'électrique semble avoir tenu ses promesses. Technologiquement, les investissements commencent à porter leurs fruits. Notamment la Zoé, désormais capable de parcourir 400 km. Car, là encore, les événements récents le montrent, Renault a probablement eu le nez fin, en investissant dès 2010 dans ce secteur. Aujourd'hui, avec Nissan, le groupe représente 50% des ventes dans l'électrique.

L'arrivée de Mitsubishi dans l'Alliance Renault-Nissan promet également de belles choses. En premier groupe automobile mondial potentiel, difficile d'en attendre moins.

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