La voiture type des français est en train doucement mais sûrement de changer petit à petit.

Voilà deux traditions automobiles françaises qui viennent de prendre un sacré plomb dans l'aile. En effet, là où durant des années le diesel et les boîtes mécaniques régnaient en maitre sur le marche automobile français, force est de constater qu'après le Dieselgate, la recrudescence d'embouteillages en agglomération, ou encore la multiplication de déclinaisons automatisées chez les constructeurs, la voiture type des français a bien changée en 2016. Bien entendu, il s'agit pour le moment d'une tendance car notre marché est toujours majoritairement occupé par les boîtes mécaniques et les blocs carburant au gazole, mais les premiers chiffres sur l'année bientôt écoulée confirment un changement de cap qui devrait rapidement se confirmer l'an prochain, et qui plus est, si le gouvernement et les nomenclatures, notamment au niveau des véhicules de société, changent d'ici là...

Vers la fin du diesel ?

2016 fut certainement l'année du déclin pour les motorisations diesel, bien pire encore que 2015 et l'affaire du Dieselgate qui a entaché le Groupe Volkswagen, mais pas seulement, puisque c'est un climat de méfiance qui s'est maintenant installé entre les consommateurs et les distributeurs et ça quel que soit la marque en question. 2016 fut bien pire car c'est tout simplement le début des restrictions envers les vieux diesel au sein même de la capitale, et très prochainement dans d'autres villes de France et de Navarre. Une intention tout à fait louable mais à deux vitesses, puisque nous avons toujours la joie de respirer les millions de particules rejetées par certains autobus diesel parisiens vieux de 20 ans émettant sûrement plus de CO2 à leur démarrage qu'une file incessante et immobile de véhicules sur les quais hauts parisiens.

Dans une enquête signé du magazine AutoPlus, on nous apprend qu'en 2016, le diesel représente encore 52% des ventes de véhicules neufs (contre 77% en 2008 par exemple), et pire -ou mieux- encore, il ne représente plus que 37% des ventes de véhicules neufs à particuliers. Vous l'aurez donc compris, si le diesel est encore légèrement majoritaire dans la globalité des ventes cette année, c'est avant tout en raison des avantages fiscaux qui cours toujours envers ce type d'énergie pour les entreprises.

Les constructeurs eux-mêmes font parfois l'impasse sur le diesel, en particulier dans le segment des micro-citadines où l'offre diesel n'existe tout simplement plus. En effet, impossible de trouver une Peugeot 108, une Citroën C1 ou une Renault Twingo avec un moteur diesel, seul Fiat avec sa 500 propose encore une alternative carburant au gazole sur le segment. Aujourd'hui il se vend d'ailleurs plus de voitures électriques que de gazole dans ce segment !

Sus à la pédale de gauche ?

Là où la France avait plusieurs trains, voir même plusieurs avions de retard par rapport aux États-Unis où au Japon vis à vis de la boîte automatique, et bien selon les premiers chiffres du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), la tendance est elle aussi en train de s'inverser puisque sur les 10 derniers mois, c'est près d'un quart des véhicules neufs (23,99% précisément) qui ont été vendu sans pédale de gauche. Cela représente très clairement une hausse de 26% par rapport à l'an dernier sur la même période. L'explication de la recrudescence de l'automatisme peut s'expliquer par plus d'offres venant des constructeurs d'une part, mais aussi, et cela concerne davantage les citadins, de centre-villes de plus en plus engorgés qui ne facilitent pas vraiment l'usage de la boîte manuelle.

On ne va pas se voiler la face, nous sommes encore assez loin des États-Unis où 96% des voitures neuves vendues sont automatiques, mais force est de constater que l'hexagone en prend le chemin, lentement mais sûrement, et sur certains modèles bien spécifiques, on atteint des taux proches des 100%, notamment pour le Renault Espace de cinquième génération qui est vendu à 95% en boîte automatique en France. Certains constructeurs font également l'impasse sur la boîte mécanique, comme Mercedes et sa nouvelles Classe E qui ne propose que des boîtes automatiques à neuf rapports à son catalogue, hormis pour la motorisation entrée de gamme essence E 200 équipée du bloc quatre cylindres de 184 chevaux mais qui nous gratifie de sa présence uniquement pour constituer un prix d'appel inférieur aux 50'000€ minimum qu'il faudra débourser pour s'offrir la berline de ses rêves.

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Source : AFP / CCFA