Jamais produit, ce cabriolet a été étudié clandestinement, sous l'Occupation.

Pour beaucoup, Chausson est synonyme d’autocar. Normal, depuis plus de 90 ans, l’entreprise est spécialisée dans ce secteur.  Mais Chausson a également étudié d’autres véhicules, notamment la CHS. Un prototype de microcar, étudié clandestinement pendant l’Occupation.

À cette époque, l’entreprise Chausson est bien établie en France. Fondée en 1907 par Gaston et Jules Chausson, la société est spécialisée dans la fabrication de radiateurs d’avions. En 1917, les productions d’Asnières-sur-Seine équipent plus de 80% des moteurs de l’aviation des Alliés.

Chausson CHS

Par la suite, l’entreprise se spécialise dans l’emboutissage des carrosseries, en reprenant Chenard & Walcker, ainsi que l’entreprise Gallay. Pendant l’Occupation, l’entreprise, réquisitionnée, poursuit ses activités d’études clandestinement, ce qui lui permet d’aborder la reconstruction sereinement. C’est là que la société se spécialise. D’un côté en produisant les caisses de Dauphine, Simca Versailles et Panhard PL17, de l’autre en produisant des autocars et autres camionnettes.

Employant près de 18'150 personnes en 1973, Chausson continue à sous-traiter pour les constructeurs. Notamment la production des J7, 304 coupés et cabriolet puis la 104 de Peugeot, ainsi que les coupés R15 et R17 de Renault. Néanmoins, l’entreprise va décliner après les chocs pétroliers des années 1970 et dépose le bilan en 1993.

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Étude clandestine

En exposant le prototype CHS de 1942, Rétromobile revient sur la fameuse période clandestine des bureaux d’études de Chausson. Alors que l’usine est réquisitionnée par l’armée allemande, les ingénieurs étudient la CHS, un petit cabriolet économique, visant la grande série. Une future concurrente des Simca 5, Citroën 2 CV et autres Renault 4 CV, également en étude à l’époque.

Aussi, à la sortie de la guerre, la Chausson CHS prototype est prête. Mais la production restera limitée à un seul exemplaire. Celui qui sera présenté au Salon de la voiture ancienne, à Paris. La cause ? Les restrictions de matières premières empêcheront son industrialisation.

Importée au Royaume-Uni par Tom Delaney, Britannique convaincu de son potentiel, la mise en production échoua pour les mêmes raisons. La CHS finira par être oubliée dans un garage britannique. Jusqu’en 2012, où Christophe Chausson, petit-fils de l’un des fondateurs, là rachète lors d’une vente aux enchères. Depuis la voiture a été entièrement restaurée. Elle sera visible à Rétromobile du mercredi 8 au dimanche 12 février, à la Porte de Versailles.

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Gamme Minichamps

1942 - Chausson CHS Prototype