Après les constructeurs américains qui délocalisent au Mexique, le futur président s'attaque à Toyota !

Que se passe-t-il dans l’esprit du prochain président américain Donald Trump ? Cherche-t-il à lancer une chasse aux sorcières contre les industriels produisant au Mexique ? Rappelez-vous le coup de pression, il y a quelques semaines, du milliardaire américain sur les constructeurs américains Ford et General Motors. Il prévenait que, s’ils poursuivaient les constructions d’usines aux Mexique, où les salaires sont quatre fois moins élevés que ceux pratiqués aux États-Unis, ces constructeurs seraient lourdement taxés. Presque logique pour un pays à l'économie protectionniste.

Ford veut se passer d’eau potable dans ses usines
2016 New Audi Plant in Mexico

La menace avait fait l’effet d’un coup de pied dans les intérêts de Ford, en plein dans le lancement d’une usine au Mexique justement. Par cette décision, Donald Trump cherche à empêcher la délocalisation d’usines des États-Unis vers le Mexique, ce dernier profitant des accords du libre-échange nord-américain (Alena, signés en 1994). Une entente économique qui a largement favorisé le Mexique, dont la production de voitures, d’un peu plus d’un million de véhicules en 1995, est désormais de 3,4 millions par an.

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Devant les menaces de Trump, Ford a entamé une reculade en annonçant ne pas poursuivre la construction d’une usine dans le centre du Mexique. Jusqu’ici cependant, la menace ne semblait contraindre que les constructeurs locaux qui délocalisent pour revendre tout de même aux États-Unis. Aujourd'hui encore, BMW, Kia, Audi ou encore Toyota sont intéressés pour produire de nouvelles usines au Mexique pour des autos qui devraient être notamment vendues aux États-Unis.

 

Pour Donald Trump cependant, les menaces n’ont pas de frontières. L’homme a ainsi tancé le premier constructeur automobile mondial, Toyota, en le menaçant également de représailles fiscales si le constructeur japonais poursuivait son ambition de produire la Toyota Corolla (modèle le plus vendu aux États-Unis) en partie dans une nouvelle usine mexicaine. Un projet important pour Toyota qui consacre un milliard de dollars à la construction de cette usine, dont le rythme de production devrait atteindre 200'000 voitures par an.

Toyota Corolla 2016 Essai
Toyota Corolla 2016 Essai
Toyota Corolla 2016 Essai

Trump vise cette usine pour deux raisons : l’une parce qu’elle produira des Corolla, l’autre parce que selon lui, il s’agit de délocalisations de l’usine Toyota dans le Mississippi. Ce qu’a démenti le constructeur japonais. À terme, c’est l’usine canadienne de Cambridge, dans l’Ontario, qui devrait être touchée par la montée en puissance de l’usine mexicaine. Toyota se dit d’ailleurs aligné sur les intérêts de la future administration américaine.

Alors ? Taxera, taxera pas ? Dans tous les cas, cette menace doit faire de nouveau trembler le groupe Volkswagen, de plus en plus impliqué dans la production de véhicules au Mexique. Finalement, la vraie surprise n’est-elle pas de voir Donald Trump défendre les intérêts canadiens ? 

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