Pour la manche de Serre-Chevalier, Motor1.com s'est glissé au sein de l'équipe Mazda.

G.N., Serre-Chevalier (France) - L’inconvénient de la montagne, c’est le froid qui tombe très vite. Le soleil disparaît bien vite de l’horizon et cette froidure devient vite mordante, méchante. Du bord de piste, la chaleur étouffante des voitures de l’Andros paraît presque un paradis. Les voici qui se dandinent sur la glace de la piste, jetant sur le public transi des gerbes de neige.

Pourtant pas un ne quitte sa place. Nous non plus d'ailleurs. On ne va pas se plaindre. Peut-être est-ce parce que Serre-Chevalier fait son retour au calendrier, après onze années d’absence ? L’explication serait plausible. Le spectacle de l’Andros, aussi froid soit-il, est l’un des plus beaux à regarder. Il en viendrait presque à faire croire qu’il se mérite, comme un succès. Au sein de l’équipe Mazda, on ne le sait que trop, d'ailleurs, que le succès se mérite. L’équipe, associé à Sainteloc, qui fait notamment courir des R8 LMS en Blancpain Endurance Series, a vécu la froidure elle aussi. Celle de la victoire, jusqu’à la semaine dernière, à Isola 2000, où Franck Lagorce s’est imposé, ouvrant le compteur de succès de la marque aux voitures rouges.

2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Team Mazda Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros

De quoi le relancer au championnat. Même si l’ancien pilote de Formule 1 préfère rester calme. "Je ne me suis jamais attaqué à une course en pensant au championnat", explique le chef de file de Mazda, tandis qu’il observe d’un œil les opérations en cours sur sa voiture. "Dans mes 30 ans de carrière, j’ai toujours cherché à gagner les courses où j’étais inscrit. Et c’est en en gagnant le plus que l’on construit un titre." Il ne s’en cache pas, la victoire est au programme de ce week-end, mais il faudra d’abord faire avec les 60 kg de lest qu’il traîne. "Avec ces 60 kg, on perd trois dixièmes. C’est compliqué d’aller chercher les places de devant." Il navigue au pied du podium. Frustrant.

Des compromis

L’ambiance presque surchauffée, lumineuse, du stand Mazda détonne avec l’extérieur, froid et sombre, avec la nuit tombée. Pourtant, il faut s’y aventurer, et rejoindre le circuit. Chez Saintéloc, on a ses habitudes, chacun est à sa place, chacun sait où il va. De quoi rassurer Lionel Daziano, intérimaire pour l’équipe. Certes, les "Silhouettes" de l’Andros sont très proches : moteur V6 3,0 litres, 340 chevaux, boîte six vitesses, transmission intégrale, quatre roues directrices et châssis tubulaires, mais une nouvelle voiture, une nouvelle équipe, un nouveau circuit : "J’ai tout à apprendre", s’en amuse-t-il au moment de faire les dernières reconnaissances. "La reprise est un peu difficile. Le problème était entre le siège et le volant, je pense que c’est corrigé !"

D’autant que le circuit n’est pas l’un des plus simples à aborder. "Sans avoir roulé depuis un petit moment, Serre-Chevalier est un peu compliqué", poursuit Lionel Daziano. "Il est sinueux, technique, rapide. On a toutes les configurations en même temps. Avec les premières qualifs, je me suis recalé." Franck Lagorce confirme : "Il faut savoir faire des compromis. L’extérieur est rapide, l’intérieur est sinueux. On ne peut pas se permettre d’avoir une voiture efficace au milieu, et moins rapide autour. En tant que pilote, il faut s’adapter en permanence." D’autant que la piste se creuse, la glace évolue, et le passage des motos et des Andros Car n’arrange rien à l’état.

2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros

Les qualifs, d’ailleurs, n’ont pas été simples. Si Lagorce est bien passé en superpole, il ne partira que de la cinquième place sur la grille. Pour Daziano, ce sera la septième place. Les Mazda privées ont, elle, tiré leur épingle du jeu. Ainsi, Didier Thoral s’est montré à son aise sur la dernière Mazda 3 sortie d’usine. Deuxième sur la grille, il part juste devant Olivier Pernaut, quatrième, sur Mazda également.

Un demain meilleur

Sur la grille, c'est l'effervescence. Plus de grands changements possibles. Dubourg a choisi de partir à gauche. Devant, ça peut l'arranger. Derrière, pas tant que ça. Surtout, les mécaniciens s'affairent à chasser la neige devant les pneus. "L'idée, c'est que l'auto s'agrippe à la glace, via ses pneus cloutés", explique Alexandre, l'un des membres de l'équipe. Le diable est dans les détails, les dixièmes dans la poudreuse.

2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros

Les pilotes saluent les mécaniciens, puis s'apprêtent au départ. Un cérémonial que ne renie pas Franck Lagorce : "J'ai toujours un geste pour les mécanos. Ils bossent, mais on les voit pas. Qu'on fasse premier ou cinquième, ils travaillent toujours autant. J'ai du respect pour eux, ils en ont pour moi. Si je fais une erreur, ce respect est toujours là, et inversement."

 

 

La course n’offrira pas de grands changements. Les Mazda glissent impeccablement, mais pas assez pour inquiéter Dubourg, devant, avec sa Clio. Pourtant, les deux pilotes officiels ne plaisantent pas. Il faut voir Lagorce balancer sa Mazda dans tous les sens. Arrivant parfois l'arrière en premier dans les courbes. Mais Colin Chapman l'expliquait bien avant que Lagorce ne vienne au monde : "Light is right", la vérité, c'est la légèreté. Lesté, difficile d'espérer.

Thoral termine deuxième, Pernaut réussi à passer Dayraut et termine troisième. Pour Lagorce, avec ses soixante kilos, ce fut plus compliqué. Il termine cinquième, "mais on est bien pour demain. On est quatrième au général. On a des ambitions", assure-t-il. Rappelez-vous : "J’ai toujours cherché à gagner les courses où j’étais inscrit." Le lest, envolé pour l’occasion, lui permettra peut-être de refaire le coup d’Isola 2000. Daziano a longtemps bataillé avec Benoit Tréluyer, et termine huitième. Course pas simple, mais de quoi se refaire, dimanche.

2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros
2017 - Mazda au Trophée Andros

En ce samedi soir, la gloire est donc pour Didier Thoral. Le pilote s’offre une deuxième place chez les pro, alors qu’il est engagé en élite également, mais sur une Mazda officielle. "Ce n’était pas simple de passer d’une auto à l’autre. Je mettais toujours un tour ou deux pour m’habituer à la voiture." Une habitude qui est vite revenue, dans la catégorie reine, avec ce podium. "Je me suis tout de suite bien senti au volant de l’auto. Les bons réglages, les bons repères." Qu’il faudra réapprendre dès aujourd’hui, dimanche 15 janvier. Avec quarante kilos de lest, l’auto sera probablement moins simple à conduire. Ainsi est la course, tantôt sourit-elle à l’un, tantôt à l’autre. Reste à savoir à qui. Réponse dimanche midi.

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