Un bilan positif pour le marché du véhicule électrique en 2016.

27 307 immatriculations et 1,08 % des ventes d’automobiles neuves (véhicules particuliers et véhicules utilitaires). Telles sont les deux chiffres que l’on retiendra du marché français du véhicule électrique pour l’année passée. Cela représente respectivement 5120 véhicules et 0,18 point supplémentaires en comparaison avec 2015. Sur le seul marché des véhicules particuliers (VP), une autre barre symbolique a été dépassée puisque 21 751 voitures ont été immatriculées contre 17 268 un an plus tôt (+ 26 %). En 2010 et en 2013, ce chiffre atteignait respectivement 184 et 8 779 unités.

La Renault Zoé en tête des ventes

Du côté des modèles, la Renault Zoé continue logiquement de caracoler en tête des ventes. Elle totalise 11'404 immatriculations (+ 9,6 % par rapport à 2015) et représente ainsi 52 % des immatriculations VP. Pas moins de 1 909 unités se sont écoulées sur le seul mois de décembre, contre une moyenne de 863 unités par mois depuis le début de l’année, le dernier mois de l’année ayant enregistré l’arrivée des Zoé disposant d’une autonomie de 300 km.

À la deuxième place se retrouve la Nissan Leaf qui a été immatriculée à hauteur de 3887 unités (+ 75 % comparé à 2015), affichant une part de marché de 17,9 % (+ 5 points par rapport à 2015). Cette bonne performance est largement due à l’arrivée d’une version disposant d’une capacité de batterie accrue. C’est la BMW i3 qui décroche la troisième marche du podium au cumul des versions avec et sans prolongateur d'autonomie (1347 immatriculations, + 64 % par rapport à 2015).

Le marché du véhicule électrique a donc été largement porté par une amélioration qualitative de l’offre. Selon l’Avere-France, cette progression devrait se confirmer en 2017, "grâce à l’accroissement de l’autonomie des véhicules, la commercialisation de nouveaux modèles mais aussi aux derniers avantages fiscaux qui viennent d’entrer en vigueur, comme l’augmentation du plafond d’amortissement des véhicules électriques pour les flottes d’entreprises". Sur le marché des véhicules utilitaires, le Renault Kangoo Z.E. arrive devance encore largement ses rivaux bien qu’il enregistre une baisse de 15,7 % pour totaliser 2389 unités. 

Dossier voitures électriques
Dossier voitures électriques
Dossier voitures électriques

Interview de Antoine Dusart, responsable communication de l’Avere-France

Motor1 : Quels principaux enseignements tirer du bilan du marché français 2016 ?

Antoine Dusart : C’est l’année de la confirmation pour le véhicule électrique qui a conforté sa place sur le marché automobile en dépassant le seuil du pour-cent de part de marché. Cela montre aussi que les politiques de soutien qui se sont en 2016 encore intensifiées, notamment par l’élargissement des conditions d’éligibilité à la prime à la conversion, ont un effet direct sur les ventes. Il est donc fondamental que les aides publiques soient confirmées par le prochain gouvernement. Sur la fin d’année, le mois de décembre a par ailleurs montré que l’arrivée de la Renault Zoé à 300 km d’autonomie allait dynamiser le marché.

Existe-t-il selon vous d'importants freins au développement du véhicule électrique en France ? Si oui, quels sont-ils ?

Les freins principaux restent avant tout d’ordre psychologique. L’Avere-France et Mobivia Groupe ont commandé une enquête auprès de l’institut Ipsos qui a été publiée en septembre 2016 et qui se penchait sur la perception par les Français de la voiture électrique. Même si ceux-ci se disent de mieux en mieux informés par rapport à la précédente vague de ce baromètre datant de 2014, il reste que seul un tiers des Français déclare avoir suffisamment d’informations sur le prix des voitures et leur autonomie, qui restent les deux points de blocage les plus souvent cités. S’agissant des professionnels, le TCO (coût global de possession – ndlr) du véhicule électrique n’est pas encore équivalent à celui d’un véhicule thermique, à moins de repenser intégralement les usages de sa flotte, comme l’ont notamment montré Enedis et la Poste. Cela étant, l’introduction des nouvelles mesures fiscales dans le PLF2017 (projet de loi de finance 2017 – ndlr) devrait rendre les véhicules électriques plus attractifs aux yeux des gestionnaires de flottes.

"Il est donc fondamental que les aides publiques soient confirmées par le prochain gouvernement."

Quelles actions une politique publique (nationale ou territoriale) devrait-elle mener pour permettre un plus large usage du véhicule électrique ?

À l’échelle nationale, ce qui est important, c’est de s’assurer de la pérennité des financements qui sont ouverts actuellement. Les constructeurs automobiles, Renault le premier, ont déjà sorti des modèles accessibles capables de rouler sur 300 km. Il est donc important que l’État continue d’accompagner le marché à un moment où le véhicule électrique sera à même, par ses caractéristiques, de séduire davantage d’automobilistes. À l’échelon territorial, les collectivités disposent, avec la loi sur la transition énergétique, de moyens pour à la fois restreindre la circulation des véhicules les plus polluants et encourager l’acquisition des véhicules à très faibles émissions en jouant sur la politique du stationnement ou sur le déploiement d’infrastructures publiques de recharge.

Selon vous, l'offre proposée par les constructeurs est-elle actuellement suffisante et satisfaisante ?

Oui pour les véhicules particuliers, compte tenu des dernières annonces faites par les constructeurs et de l’augmentation des autonomies prévues. Sur les véhicules utilitaires, en revanche, l’offre gagnerait encore à être diversifiée pour s’adapter à la variété des besoins des professionnels, même si, sur le véhicule lourd, l’électrique est encore loin d’être compétitif avec le thermique.

Quels sont selon vous les usages les plus appropriés d’un véhicule électrique ?

Pour maximiser les gains économiques et environnementaux du véhicule électrique, il est nécessaire qu’il soit souvent utilisé. Le véhicule électrique est donc celui du quotidien, qu’on va utiliser sur des trajets réguliers, évaluables à l’avance, de moyenne distance. Contrairement aux idées reçues, il n’est aucunement réservé à un usage urbain et s’acquitte parfaitement d’une utilisation en milieu périurbain ou rural. Dans ces conditions, il est même plus facile pour un automobiliste de passer à l’électrique puisque la part des ménages résidant dans un pavillon équipé d’un garage est plus importante que dans les grandes villes.

Données : CCFA, Avere-France

Lire aussi:

Dossier Voitures électriques bilan 2016