L’autopartage de voiture électrique semble dans la tourmente…

Tout part d’une bonne idée : promouvoir la voiture électrique et l’autopartage. En 2011, sous l’impulsion de l’administration de Bertand Delanoë, alors maire de Paris, le programme Autolib était lancé, avec le partenariat de Bolloré pour la fourniture des Bluecar.

Seulement, cinq ans après le lancement de l’aventure, les résultats peinent à venir. En 2016, pourtant, les résultats ont été intéressants, puisque près de 100'000 abonnés annuels étaient inscrits, pour un total de cinq millions de locations sur l’année (+11% par rapport à 2015). Seulement, derrière ces bons chiffres, la réalité économique semble différer. Le cabinet 6T, spécialisé dans les sujets de la mobilité, a ainsi affirmé que le système ne serait jamais rentable.

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Pire, les estimations anticipent un trou dans les finances à hauteur de 180 millions d’euros en 2023, date de la fin de l’exploitation par le groupe Bolloré. Ce qui pose un problème : Bolloré n’étant engagé qu’à hauteur de 60 millions d’euros de pertes. Ce qui ferait un trou de 120 millions d’euros, à charge de la mairie de Paris, et donc, des habitants de la capitale et des communes impliquées dans le projet.

Aujourd’hui, la situation a changé par rapport à 2011, et Bertrand Delanoë a depuis été remplacé par son ancienne adjointe, Anne Hidalgo (PS), élue maire de Paris en 2014. En face, son opposante, la présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, demande des explications : "Il faut restructurer le service, il n’est pas supportable que le contribuable parisien éponge la plupart des risques quand Bolloré se contente de 60 millions d’euros." Un avis que partage Danièle Simonnet, du Front de gauche, qui estime qu’une fois de plus "nous butons sur l’opacité des services que privatise la Mairie".

Le syndicat Autolib Métropole va d’ailleurs demander un audit indépendant afin de vérifier si les prévisions du délégataire sont aussi pessimistes. Auprès de l’AFP, le syndicat a annoncé que l’audit demandé "s’accompagnera de préconisations en vue d’un retour à l’équilibre d’ici à 2023, aux fins de préserver ce service public pionnier et unique au monde par son ampleur, auxquels les usagers sont très attachés. Les conclusions de ce rapport sont attendues d’ici début mars". Le sujet risque, dans tous les cas, d’électriser la vie politique parisienne ces prochains mois.

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