Peugeot veut se tailler la part du lion auprès du constructeur au Blitz.

C'est un drôle de pari dans lequel semble se diriger le groupe PSA. Le consortium français, qui réunit Peugeot, Citroën et DS, semblerait s'intéresser de plus en plus à Opel. Pari risqué, car la marque au blitz n'a plus fait de bénéfices depuis bientôt… 17 ans. Et aurait surtout coûté à General Motors, son actuel propriétaire, près de 15 milliards de dollars depuis lors.

Il ne s'agit pour le moment que d'un projet de rachat, mais qui confirme la volonté de Peugeot de prendre plus d'importance sur le sol européen. Dans les conditions actuelles, un rachat d'Opel rapprocherait PSA de Volkswagen en termes de production sur le sol européen, et assurerait une certaine avance pour Peugeot à la deuxième place du meilleur constructeur européen. Néanmoins, cela multiplierait les capacités de production de PSA, un groupe dont l'outil industriel est déjà en surcapacité, et qui s'attirerait ainsi les services d'Opel, lui aussi en surcapacité productive.

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Les choses semblent néanmoins assez sérieuses. Comme l'explique un porte-parole du groupe PSA : "Carlos Tavares est très ouvert, et souhaite rencontrer Mme Merkel et les organisations syndicales d'Opel, dans un esprit de dialogue." Une rencontre avec la Chancelière allemande officialiserait un peu plus la possibilité de ce rachat.

"Le dialogue social est très important au sein de l'entreprise, il est temps que cela soit aussi mis en application dans le cadre des discussions qui sont en cours." Tavares semble d'ailleurs assez pressé, il souhaiterait une ouverture du dialogue "assez rapide".

En Allemagne, cette annonce de Peugeot a créé un peu de remue-ménage, les organisations syndicales ainsi que les politiques semblant assez surpris de cette annonce. La ministre de l'Économie allemande, Brigitte Zypries estime d'ailleurs qu'il est "inacceptable" qu'un rapprochement d'Opel et Peugeot soit envisagé au grand jour "sans que le comité d'entreprise, le syndicat ou le gouvernement régional n'aient été informés auparavant".

Les derniers rachats de Peugeot SA à ce niveau n'ont cependant pas été des plus heureux. Au début des années 1980, la marque au lion avait souffert du rachat peu glorieux de la branche européenne de Chrysler, notamment propriétaire à l'époque de Talbot. Le groupe s'était retrouvé en situation financière compliquée, et n'avait été sauvé que par le succès de la Peugeot 205.

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