Les candidats répondent à nos questions.

Qu’elles touchent à la place de l’industrie en France, à l’emploi, à l’environnement ou encore à la sécurité routière, les questions relatives à l’automobile qui sont susceptibles d’être adressées aux candidats et aux candidates à l’élection présidentielle 2017 ne manquent pas. Si nous avons choisi de poser systématiquement les mêmes questions à ceux ou celles qui prétendent aux plus hautes responsabilités de l’État, force est de constater que leurs réponses dépendent beaucoup de leur stratégie et de leur connaissance du domaine automobile.

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Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière (LO), s’est évertuée à ne pas répondre directement à ces questions, préférant développer son propos sur un mode plus général, ce qui explique notre choix de le restituer sous la forme de citations plutôt que sous celle d’un entretien.

Nathalie Arthaud explique d’emblée être "candidate pour faire entendre l’intérêt de tous les travailleurs dans cette élection présidentielle, quelle que soit leur entreprise et leur domaine d’activité". Ainsi, selon la candidate de LO, aucune différence ne doit être faite entre les "travailleurs" des différents secteurs : "Durant ma campagne, je mets en avant un programme de revendications destinées à répondre aux besoins les plus essentiels de tous les travailleurs concernant l’emploi et les salaires. Je ne fais donc pas de différence entre les salariés employés dans l’automobile, dans le bâtiment ou dans une chaîne de distribution".

Et de développer les thématiques habituelles de LO tout en pointant du doigt les groupes PSA et Renault : "Quel que soit le secteur d’activité, au nom de la "compétitivité", les travailleurs ont été soumis aux mêmes attaques, aux suppressions d’emplois, au quasi-blocage des salaires, à l’augmentation de la charge de travail. Et tout en imposant des sacrifices et des reculs sociaux aux travailleurs, les PDG des plus grands groupes, notamment ceux de Renault et Peugeot, se sont accordés des salaires faramineux, des stocks options et des parachutes dorés, tandis qu’une minorité d’actionnaires, comme la famille Peugeot, voyait leurs dividendes augmenter. Je considère que c’est révoltant et je le dénonce. Les suppressions d’emplois doivent cesser ! Il faut mettre fin à la précarité qui s’est généralisée dans les usines automobiles et sur les chaînes de montage. Il faut au contraire créer de véritables emplois, en nombre suffisant et répartir le travail de façon à garantir les emplois existants. Il faut augmenter les salaires d’au moins 300 euros et aucun salaire ne doit être inférieur à 1 800 euros net. L’argent existe pour financer ces mesures, à la condition de faire passer les besoins des travailleurs avant les intérêts des actionnaires et ceux de ces PDG grassement payés". On ne saura en revanche pas si Nathalie Arthaud se prononce en faveur d’une limitation des revenus des dirigeants des entreprises concernées.

Il faut augmenter les salaires d’au moins 300 euros et aucun salaire ne doit être inférieur à 1 800 euros net. L’argent existe pour financer ces mesures, à la condition de faire passer les besoins des travailleurs avant les intérêts des actionnaires et ceux de ces PDG grassement payés.

Les "bus Macron" épinglés

Pas de prise de position non plus par rapport à la participation au capital de PSA et de Renault. Si ce n’est que les "travailleurs" ne doivent, selon Nathalie Arthaud, rien attendre de l’État, quand bien même actionnaire : "Je considère que, pour défendre leurs intérêts, les travailleurs ne peuvent compter que sur leur mobilisation et leur capacité à s’organiser sans rien attendre de l’intervention de l’Etat. Celui-ci est en effet actionnaire des deux principaux groupes automobiles mais il se soumet toujours à la volonté des actionnaires privés et ne fait jamais rien qui soit de nature à les gêner".

La candidate de LO épingle aussi les politiques ayant favorisé le développement des motorisations Diesel ou, plus récemment, la libéralisation du transport par autocar : "Cela se vérifie aussi au niveau de l’ensemble de la société : les grands groupes industriels ont su imposer que leurs intérêts soient toujours privilégiés au mépris de toutes les autres considérations, que ce soit la santé ou l’environnement. La façon dont les gouvernements successifs ont favorisé dans ce pays le développement des véhicules au diesel n’en est qu’une illustration parmi bien d’autres. L’insuffisance des moyens consacrés à développer les transports en commun en est une autre. Les "bus Macron" que vous mentionnez relèvent de la même logique au service des intérêts privés. Et le développement de ce mode de transport ne va pas dans le sens de renforcer la sécurité routière, ni la lutte contre la pollution".

Je ne fais pas non plus de différence entre les salariés de Renault et ceux de Ford ou de Toyota : en tant que travailleurs, tous doivent combattre la même exploitation et ils devront le faire ensemble, en mettant en avant les mêmes revendications pour défendre les emplois et les salaires.

Une politique protectionniste serait-elle une solution ?

Nathalie Arthaud rejette en outre toute forme de protectionnisme à l’échelle européenne, estimant à nouveau que l’enjeu est ailleurs : "J’ajouterai que je ne fais pas non plus de différence entre les salariés de Renault et ceux de Ford ou de Toyota : en tant que travailleurs, tous doivent combattre la même exploitation et ils devront le faire ensemble, en mettant en avant les mêmes revendications pour défendre les emplois et les salaires. Aucune politique protectionniste, quelle que soit l’échelle à laquelle elle est menée, ne remplacera ce combat et ne protégera les travailleurs et leurs emplois".

Et si l’automobile change, de nouveaux usages autour de la notion de mobilité apparaissant, ils ne semblent pas, pour la candidate de LO, changer fondamentalement la donne : "Je pense que la place de l’automobile dans notre société doit certainement être revue de façon à tenir compte de l’intérêt général mais je pense qu’une société soumise à la loi du marché et à la course au profit en est bien incapable. Pour que l’intérêt général soit pris en compte, cela nécessitera que les travailleurs et la majorité de la population soit capable d’imposer son contrôle à tous les niveaux du fonctionnement de l’économie afin de mettre celle-ci véritablement au service du plus grand nombre. Tel est bien l’objectif de mon combat, en tant que militante communiste, bien au-delà de cette élection présidentielle".

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