Motor1.com a suivi l'assistance Toyota lors du Tour de Corse.

G.N., Bastia - La journée est en demi-teinte pour Toyota, en ce vendredi 7 avril. Sur le Tour de Corse, la néophyte marque japonaise dans le monde du WRC apprend à la dure. D'un côté, son pilote leader, le Finlandais Jari-Matti Latvala, pointe à une cinquième place intéressante, derrière les solides ténors que sont Sébastien Ogier (Ford), Thierry Neuville (Hyundai), ou le très rapide Kris Meeke (Citroën), de l'autre, la seconde voiture, celle de Juho Hanninen, a pris feu, dès la deuxième spéciale chronométrée de la journée.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC
2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC

Deux scénarios différents, "mais nous sommes là pour apprendre", prévient d'entrée de jeu Tomi Mäkinen, quadruple champion du monde des rallyes dans les années 1990, et désormais patron de Toyota en rallye. Le Finlandais est de ceux que l'on écoute. De par son pragmatisme et son savoir, et surtout son ton presque flegmatique. "Nous n'avons pas fait beaucoup d'essais sur l'asphalte, mais nous avons pas mal progressé depuis ce matin, et nous avons quelques idées pour faire progresser la voiture sur cette surface, notamment sur les amortisseurs demain. Nous continuons à travailler. Nous n'oublions pas que nous sommes là pour apprendre." Il faut dire que le tarmac est une surface très latine. Pour les Finlandais, pas souvent parmi les plus rapides sur cette surface, elle est minoritaire au championnat, donc moins importante dans les tests. Les hommes de Toyota, eux, jurent sur la terre, omniprésente au championnat.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC

Un apprentissage à la dure. Notamment pour Juho Hanninen, le second pilote de l'équipe, qui a rapidement abandonné, dans la matinée de vendredi, suite à un incendie sur sa voiture. La Yaris du pilote, totalement reconstruite seulement quatre heures après son arrivée au parc d'assistance de Bastia a pourtant souffert. Quatre heures pour remonter une voiture de course, "c'est pas mal non ?", sourit Jarmo Lehtinen, le directeur sportif de l'équipe. L'ancien équipier de Mikko Hirvonen en Mondial s'essaye à la gestion d'équipe depuis le début de l'année. Il explique la panne de la Yaris, ce vendredi matin. "Juho a tapé contre un muret, ce qui a abîmé sa jante et créé du frottement, tout en occasionnant une fuite d'huile des amortisseurs." La formule est simple : huile+chaleur=incendie. Voici déjà qu'une des Toyota était hors compétition.

Deuxième chance

Pas hors course cependant, via le règlement Super Rallye, qui permet aux pilotes de reprendre la course, lors des étapes suivantes, après avoir reçu des pénalités. Plus question de courir après le résultat, mais bien les progrès, ce dont Toyota veut profiter. Aussi, ce samedi, Hanninen est au départ, après plusieurs heures de remise en état de sa voiture. Outils à la main, les huit mécanos travaillent d'arrache-pied avec une précision d'horlogers suisses. Efficacité et rapidité sont de mise, ces hommes peuvent changer une boîte de vitesses en moins de 30 minutes. Il faut dire que l'auto est étudiée pour.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC
2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC
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2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC
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Toutefois, dans le cas la Yaris d'Hanninen, pas question de lambiner : "Nous disposons de trois heures pour remettre en état l'auto", explique Lehtinen. Mission accomplie, et à 19 h, bien avant le retour de Latvala de la première étape, la seconde Yaris partait en parc fermé.

Un détail non-négligeable. En rallye, le règlement est strict sur les assistances. Outre le fait que le pilote ne peut recevoir d'aide de ses mécanos en dehors de zones bien définies, les règles du parc d'assistance sont très strictes. Ainsi, le matin, le pilote dispose de 10 minutes d'aide, puis trente minutes toutes les deux spéciales, avant de profiter de 45 minutes en soirée. À cela s'ajoute une contrainte : celle des mécaniciens, qui sont huit à dispatcher entre les deux voitures.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC
2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC

Tout le travail de Jarmo Lehtinen consiste, avec les équipes, "à gérer tout cela, et j'ai encore beaucoup à apprendre, même si j'ai tout de suite dû m'y mettre" ! De fait, le départ de la Yaris d'Hanninen avant le retour de celle de Latvala permet à l'équipe technique d'envisager sereinement la soirée.

D'autant que le Finlandais, vers 21 h, ramène une auto propre, sans touchettes ni dégâts. Pas de sessions d'arrachage de cheveux pour les pièces de rechange donc. Et surtout, pas besoin de partager les huit mécaniciens entre les deux voitures. Une règle comme un dilemme dans une équipe, où doivent se partager ressources humaines, temps et pièces mécanique entre les deux voitures. Ainsi, Toyota ne dispose que de deux turbos pour ses voitures, sur une course. Voir l'auto rentrer sur quatre roues et autant de cylindres est donc un soulagement, sans pour autant la gageure d'une soirée calme.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC

Tout le travail de réglages de l'auto, de vérification doit être ainsi fait. Contrairement à la F1, où l'état de la voiture est rendu compte en direct aux ingénieurs : "Nous n'avons pas de contacts avec la voiture hormis avec la radio et les téléphones portables", prévient Jarmo Lehtinen. Le travail de Jari-Matti Latvala est donc de faire un rapport le plus détaillé de son auto pour la rendre plus performante.

Plus souple ?

Pour le coup, le Finlandais trouve sa Yaris "trop raide", précise Tommi Mäkinen. "Il a un prototype de suspension, et il pense que la voiture manque d'agilité. Nous allons travailler sur les différentiels et les amortisseurs." Peut-être la solution pour permettre au Finlandais de rattraper Sordo, cinquième sur sa Hyundai, à six secondes devant. Près d'une vingtaine d'ingénieurs planchent sur le sujets, avant de décider, après le briefing avec le pilote, de la direction à prendre. Ce sera plus de souplesse pour ce samedi.

2017 - Toyota Yaris Tour de Corse WRC

Pour arriver à cela dans les réglages, les mécaniciens disposent donc de 45 minutes, ainsi que de tout l'outillage nécessaire à des réparations rapides. Cela s'affaire autour de l'auto. Pistolets pneumatiques, cliquetis des clés, bruits métalliques, on s'affaire sur l'auto. D'autant que si la nuit est tombée, l'atelier n'en est pas moins éclairé. "À monter, la structure nous prend une journée et demi de travail, et déplacer ce matériel, c'est sept camions." Du moins sur les manches européennes. 

45 minutes à respecter, et le décompte qui s'affiche, comme une épée de Damoclès pour l'équipe technique. Pas de panique néanmoins, la voiture est prête en temps et en heure. Le contraire aurait signifié une pénalité de temps pour l'équipe japonaise. En attendant, l'auto est déplacée en parc fermé, jusqu'au matin, où la réponse à propos des réglages sera donnée, sur les routes corses.

Classement après ES4/10

 

Pilote

Copilote

Voiture Cat.

Temps

 

Écarts


 

1

 Kris Meeke

 Paul Nagle

Citroën

RC1 1h16'32"1
2

 Sébastien Ogier

 Julien Ingrassia

Ford

RC1

10"3

10"3

3

 Thierry Neuville

 Nicolas Gilsoul

Hyundai

RC1

25"8

15"5

4

 Craig Breen

 Scott Martin

Citroën

RC1

52"4

26"6

5

 Dani Sordo

 Marc Marti

Hyundai

RC1

53"8

1"4

6

 Jari-Matti Latvala

 Miikka Anttila

Toyota

RC1

1'00"2

6"4

7

 Hayden Paddon

 John Kennard

Hyundai

RC1

1'18"8

18"6

8

 Stéphane Lefebvre

 Gabin Moreau

Citroën

RC1

2'07"6

48"8

9

 Andreas Mikkelsen

 Anders Jæger

Skoda

RC2

2'57"3

49"7

10

 Stéphane Sarrazin

 Jacques-Julien Renucci

Skoda

RC2

3'17"8

20"5

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