En croissance rapide, Uber perd néanmoins beaucoup d’argent.

Pour la première fois de son histoire, Uber a dévoilé ses résultats financiers pour l’année 2016. Non cotée en bourse, la plateforme américaine de voitures avec chauffeur n’est en effet soumise à aucune obligation. Sans surprise, ces résultats font apparaître une croissance rapide de l’activité, mais également des pertes toujours très élevées.

20 milliards $ ont pourtant été dépensés l’année dernière par les clients d’Uber, soit plus du double par rapport à 2015, et six fois plus qu’en 2014 ! Cette croissance se poursuit: entre le 3e et le 4e trimestre 2016, les revenus bruts d’Uber ont progressé de 28 %. Le chiffre d’affaires net, c’est à dire après le versement de la part revenant aux chauffeurs, suit la même tendance. Il s’est élevé à 6,5 milliards $ en 2016. Et il a grimpé de 74 % entre le 3e et le 4e trimestre.

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Cette hausse doit cependant être relativisée en raison des méthodes comptables utilisées par Uber. Pour un trajet classique, la société enregistre simplement comme recette les commissions qu’elle prélève. Mais ce n’est pas le cas pour les courses partagées avec d’autres clients. Elle comptabilise alors l’intégralité du prix payé dans son chiffre d’affaires, alors même qu’une partie de cette somme est reversée aux chauffeurs. Cela revient donc à gonfler artificiellement ses performances.

L’échec chinois coûte cher

Pour financer son développement, Uber continue d’afficher des pertes massives. La société indique avoir accusé un déficit de 2,8 milliards $ en 2016. Cette perte ne prend cependant pas en compte le milliard englouti en Chine l’an passé. En août, Uber jetait définitivement l’éponge, vendant ses activités chinoises à son rival Didi Chuxing.

Si la plate-forme perd autant d’argent, c’est parce qu’elle subventionne massivement son activité dans certains pays, où le prix payé par ses clients est inférieur à la somme concédée aux chauffeurs. Son objectif : afficher des tarifs inférieurs à la concurrence, tout en n’abaissant pas trop fortement les revenus de ses chauffeurs. En outre, Uber multiplie les opérations promotionnelles et les campagnes de recrutement. Et on le sait, l’entreprise investit aussi dans d’autres projets, comme les voitures autonomes.

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En outre, depuis son lancement en 2010, Uber a perdu plus de 8 milliards $ ! Un niveau inédit pour une start-up technologique. Mais la société fondée et dirigée par Travis Kalanick peut se le permettre. Elle parvient régulièrement à lever d’importantes sommes auprès d’investisseurs, grâce à une valorisation de 68 milliards $. Elle dispose ainsi de 7 milliards $ de trésorerie. Sans compter une facilité de crédit de 2,3 milliards $. De quoi lui permettre de poursuivre sa dispendieuse stratégie !