Le Gouvernement étudie la possibilité de taxer les routes Nationales aux camions.

Pourquoi taxer les Nationales ?

Il faut remonter à l'inauguration des lignes LGV, début juillet, où le président de la République a annoncé une pause dans les grands travaux. Elisabeth Borne, ministre des Transport l'a expliqué aux Echos : "Nous ne pouvons pas nous engager à faire tout ce qui a été promis par d'autres." Néanmoins, l'entretien du réseau de transports français et son évolution doit se faire, mais il faut le financer. Selon la Ministre : "Cela peut également passer par la mise en place de péages sur certaines sections de routes nationales, sans pénaliser les déplacements de proximité, à l'image de ce qui a déjà été fait dans les Landes."

Circulation paris

Quels seraient les transports taxés ?

Les transports visés sont les poids-lourds. Selon la Ministre : "Les flux de camions qui transitent par nos territoires doivent eux aussi contribuer au financement de nos infrastructures." Néanmoins, rien n'a été annoncé pour le moment. Les solutions envisagées et décisions devraient intervenir en septembre, lors des assises de la mobilité.

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Existe-t-il des solutions équivalentes déjà en place ?

En 2013, une centaine de kilomètres sur la Nationale 10 ont été transformés en autoroute. L'idée était faire payer les transports de poids lourds venant d'Espagne, et inversement. 110 km qui se montent à une quinzaine d'euros.

Est-ce une écotaxe déguisée ?

L'éco-taxe, vous vous en souvenez ? Cette mesure du Grenelle de l'Environnement en 2007, qui devait être appliquée en 2013 avait créé un tollé, notamment en Bretagne, avec la fronde des bonnets rouges. L'idée était de taxer les camions de transports de marchandise, dont les camions étrangers, afin de financer les projets de l'État et l'entretien des routes qu'ils fréquentent. "Avec cette mesure, ce sont les camions qui sont visés, c’est une écotaxe déguisée", explique Thierry Douine, président de la CFTC-Transports, auprès du Parisien.

Quels pourraient être les effets pervers ?

Si les Nationales venaient à être taxées pour les poids-lourds, le risque est de voir les camions prendre les départementales pour traverser le pays. Une situation similaire à ce qu'il se passe sur la N12, qui mène de Paris à la Bretagne, ou justement, autour de l'ancienne N10. Selon une étude du Conseil départemental des Landes, le trafic routier sur les départementales a augmenté de 15 à 30%, avec les conséquences en termes de bruit, qualité de vie et de circulation pour les riverains qui s'en dégagent.

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Quelles difficultés pour le Gouvernement ?

Outre les municipalités qui pourraient craindre une dégradation de la qualité de vie locale, ce sont aussi les professionnels du secteur routier qui pourraient se montrer mécontents. Ainsi Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transporteurs routiers, explique au Parisien que : "Nous sommes opposés à toute nouvelle taxation."

Même avis pour Thierry Douine, qui précise que des mouvements sociaux pourraient s'en suivre. Pour le moment, le Gouvernement temporise et annonce vouloir attendre le débat des Assises de la mobilité, à l'automne. La Rentrée risque d'être mouvementée ! 

Sources : Le Parisien, Les Échos, BFM Business.