La chasse aux excès de vitesse est ouverte.

L'annonce a été faite le lundi 4 septembre 2017, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a confirmé sur Public Sénat l'arrivée des premières voitures radar gérées par des sociétés privées. Ce sont les automobilistes normands qui feront les frais de cette première expérimentation qui sera prochainement étendue à tout le reste du territoire. Selon Gérard Collomb, cette mesure a pour but de recentrer les forces de police et de gendarmerie sur leurs missions de sécurité.

Au mois de février dernier, le Gouvernement avait déjà lancé un appel d'offre auprès de sociétés normandes afin de recruter du personnel pour conduire ces voitures banalisées. Les tests étaient d'ailleurs en cours du côté de la ville d'Evreux, où six voitures étaient chargées d'obtenir les homologations nécessaires afin de flasher les automobilistes en infraction sans intervention du conduction et de son passager.

Lire aussi :

Ces voitures banalisées sont aujourd'hui difficilement reconnaissables en plus d'être mobiles et donc impossible à signaler sur les applications mobiles. Le radar est inséré au niveau de la plaque d'immatriculation à l'avant et est complété d'une petite fenêtre infrarouge afin de détecter les automobilistes en excès de vitesse. Le seul moyen visible de les reconnaître reste de scruter le tableau de bord de la voiture. Celle-ci est équipée d'un appareil numérique plutôt imposant.

Pour le moment, ce sont 26 voitures qui devraient circuler sur les routes du département de l'Eure, essentiellement sur des routes à deux fois deux voies et sur les voies rapides. Ce "marché" normand est évalué tout de même à plus de 2,4 millions d'euros par an. De quoi motiver les sociétés privées à rouler encore plus ? Sûrement pas affirme Gérard Collomb, puisqu'il s'agira d'un forfait et non d'une rémunération au nombre de PV. De plus, le ministre de l'intérieur assure que la verbalisation restera toujours de la compétence des forces de l'ordre. C'est-à-dire qu'avant de vous être envoyées, les contraventions feront d'abord l'objet d'une validation par la police.

Lire aussi :

Ces agents conduiront principalement des Peugeot 308 de couleur foncées. Leur marge de tolérance est fixée à 10 km/h de plus quand le véhicule contrôlé roule à une vitesse inférieure ou égale à 100 km/h, et jusqu'à 10% de plus pour une vitesse supérieure (soit 13 km/h à 130). La tolérance est donc légèrement supérieure à celle d'un radar fixe.

Visiblement, l'essor des radars ne semblent pas s'arrêter, bien au contraire. Logique après tout quand ceux-ci ont rapporté plus de 844 millions d'euros à l'État en 2016. Rappelons aujourd'hui que faute de moyens, les voitures en service ne peuvent rouler qu'une heure par jour. À l'avenir, et avec ces sociétés privées, celle-ci pourront rouler environ cinq heures par jour.

L'association 40 millions d'automobilistes a d'ailleurs ouvert sur son site une pétition contre la privatisation des radars embarqués.