Carnet de route - Engagé sur l'une des Renault ZOÉ officielles, Motor1 vous propose de vivre l'eRallye Monte Carlo de l'intérieur, comme si vous étiez au volant.

G.N., Salon-de-Provence - Il y a des matins qui peuvent être difficiles. Lever 4h30, pour être dans la voiture à 6h, demande toujours un peu de foi. L'air frais et le vent fort de Rodez pourraient même donner des envies d'abandon. Le rallye ne fait pourtant que commencer. Pour ce jour le programme est simple : trois zones de régularité, la première sur le circuit d'Alès, la seconde dans la campagne cévénole, puis la dernière près de Salon-de-Provence.

Jour 3
Jour 3

Lire aussi:

Les premiers kilomètres sont compliqués. Sous le vent, le brouillard et dans le trafic, s'échapper de Rodez demande des nerfs solides. Pour cette liaison, avec Serge Lombard, mon expérimenté coéquipier, nous roulons de concert avec Inès Taittinger et Biche. Près de 200 km de trajet dans les reliefs montagneux, que la ZOÉ ne semble pas redouter. Au moment d'arriver dans la ville cévénole, notre Renault affiche 100 km d'autonomie, et pourtant, nous ne l'avons pas épargnée dans les lacets de montagne. Les freins sont performants, la voiture a de bonnes relances. Faire 200 km à son bord n'est pas une corvée, surtout lorsque nous nous comparons aux performances de certains de nos concurrents. 

La question des autres n'est pourtant pas la plus importante. Dès notre arrivée, vers 9h, nous étalonnons sur le tracé réglementaire de l'Automobile Club de Monaco. Le timing est parfait pour nous : l'idée est de vite rentrer dans la spéciale sur le circuit d'Alès, afin de remettre les voitures à charger pendant la pause de midi, et envisager sereinement la fin de journée. Tout se passe bien pendant 15 minutes. Alors que nous affinons nos réglages, notre système de calcul de régularité tombe en panne. Déjà, jeudi soir, le système avait montré quelques soucis, et une première réparation avait été faite. Yves, le coéquipier de Greg, notre chef de file dans l'équipe Renault, procède immédiatement au remplacement des pièces. Un contretemps d'une heure qui nous enlève un peu de confort. Par chance, toutes nos mesures étaient justes du premier coup.

Jour 3
Jour 3
Jour 3
Jour 3
Jour 3

Un passage par le simulateur Ellip6 nous permet de prendre en main la piste d'Alès, et dès 11h, nous sommes les seconds à entrer en piste avec notre ZOÉ. Pour moi, la règle du jeu est simple : trois LED s'allument devant moi. Si je suis en vert, tout va bien, en rouge, j'ai de l'avance sur le chrono idéal, et en jaune, j'ai du retard. Pour rester dans la bonne moyenne, un savant jeu de l'accélérateur doit se faire. Une accélération trop forte vous envoie dans le rouge, un freinage appuyé vous met en retard.

"Bref, il faut se réguler", assure Serge, "mais ne te mets pas la pression, reste concentré, et tout se fera bien". Il a raison, l'expérimenté. Du haut de ses trente années de régularité, il en a vu passer. Pour Alès, je dois maintenir une moyenne de 60 km/h sur le circuit. Pas forcément un grand moment de vitesse, mais l'occasion de se mettre dans le bain avant les grandes spéciales du jour. L'exercice semble bon, et nous sommes dans le rythme, avec seulement une seconde d'avance.

Une première satisfaction qui permet de manger serein. L'annonce des résultats, elle, se fera après la première spéciale. Pas question donc de se déconcentrer. Et juste après manger, nous partons sur le deuxième secteur de régularité. L'exercice est le même ici que sur le circuit, avec deux différences notables : le tracé est long, sur route ouverte. Pendant 20 km, il faut être au taquet, et rester dans cette fameuse zone de régulation.

 

Pas une mince affaire, mais une nouvelle fois, les conseils de Serge sont précieux : "Pousse, pleine balle, freins", je sais comment me caler, avec une précision de plus ou moins dix mètres, ce qui, sur 20 km, n'est pas mal du tout. Pour preuve, nous prenons la cinquième place au général au sortir de la ZR2. Taittinger, elle, est sur le podium, quand nos équipiers Renault sont juste dans notre sillage. Aussi, les classements vont évoluer lors de la ZR3.

Cette dernière apporte une nouvelle difficulté. Toujours sur route ouverte, je devrais assurer deux moyennes, une très basse : 38 km/h, et une plus haute de 45 km/h. Tout part bien. "Pourtant", m'explique Serge, "les petites moyennes sont très dures, et la moindre faute coûte cher". Les dix premiers kilomètres se passent parfaitement jusqu'à... la panne. Une nouvelle fois, notre compteur régularité tombe en panne, et Serge doit improviser en quelques secondes la réparation. Les paroles d'Yves, le coéquipier de Greg me reviennent : "En régularité, tu ne gagnes pas, ce sont les autres qui perdent. C'est un jeu d'élimination."

Loi de la course

Dans ma tête, le rallye est fini, ou du moins, la 5e place s'échappe. "Ne t'inquiète pas", rassure mon coéquipier. "Garde tes 38 km/h, je m'occupe de tout." Dans sa tête, le bougre compte, calcule. Et tandis que le système repart, il a déjà recalculé la marge d'erreur de la distance parcourue. Nous ne perdrons que peu de temps, même si, un peu perturbé, j'avoue avoir commis plusieurs erreurs. Au soir de cette étape, nous tenons la huitième place, intercalés entre Pascal et Greg, nos deux pilotes Renault qui jouent la gagne. Nous nous couchons tranquilles, mais encore un peu inquiets à l'idée de la journée de samedi, avec le juge de paix que sera la nuit du Turini, ce samedi soir, à partir de 21h. "Chez nous, on dit souvent 'On ne paye les musiciens que quand le bal est fini", insiste Serge. Il faudra bien garder le proverbe en tête, ce samedi. La journée sera très longue, avec un lever à 4h30.

Lire aussi:

La soirée, elle, se termine incroyablement. Direction Salon-de-Provence et la base aérienne de la Patrouille de France pour recharger. Un grand moment auprès des Alpha Jet. En espérant que nos parrains tricolores nous portent chance ce samedi. Greg et Pascal sont en lice pour la victoire, et nous pour le podium, alors pourquoi se refuser un peu d'ambition ? Pour le reste, on se donne rendez-vous dimanche matin, si vous le voulez bien !

Vidéo - Découvrez la deuxième journée de l'eRallye Monte Carlo avec Renault !

eRallye Monte Carlo, dans la course avec Renault