Le dire, c'est bien. Y arriver, c'est une autre histoire...

Ayant sensiblement le même âge au moment de terminer leur onzième saison respective, la comparaison chiffrée entre l'Allemand et le Britannique est intéressante.

Après 11 saisons complètes*
   M. Schumacher  L. Hamilton
Âge 33 ans et 10 mois 32 ans et 10 mois
Poles  50 (28,1%) 72 (34,9%)
Victoires 64 (35,9%) 62 (30,1%)
Titres 5 4
Grands Prix 178 206

*Pour Schumacher, la saison 1991 n'est pas prise en compte dans le décompte des saisons complètes mais est bien prise en compte dans celui des Grands Prix ; la saison 1999 (où il s'est blessé et a manqué six courses) est prise en compte dans les saisons et les Grands Prix / pour Hamilton, il reste encore deux Grand Prix en 2017 au moment de l'écriture de ces lignes

Quel que soit l'angle choisi pour effectuer une comparaison, les deux hommes ont indéniablement inscrit leur nom en lettres capitales dans le grand livre de la Formule 1. Et si la barre fixée par Schumacher a semblé si longtemps inaccessible, le fait que Hamilton soit revenu à moins de 30 succès d'écart fait évoluer la question.

Lewis Hamilton et Michael Schumacher

Quand Motorsport.com lui demande s'il pense pouvoir remporter une trentaine de Grands Prix supplémentaire, le numéro 44 répond : "Ça dépend vraiment. Je pense que je peux continuer à gagner pendant un long, long moment. Je pense qu’au final, tout dépend du fait de savoir si l'envie de se battre reste en vous. Évidemment, c’est toujours le cas actuellement."

Il rappelle toutefois que viser les records de Schumacher, à qui il a déjà pris cette année celui du nombre de pole positions, n'est pas une fin en soi. "Je n’ai toujours pas le désir d’être à la poursuite de Michael, même si je suis bien sûr bien plus proche que je n’ai jamais été. Je pense qu’avant, ça semblait tellement lointain, d’avoir 91 victoires. Mais peut-être qu’aujourd’hui, hmm… C’est encore loin, mais il n’est pas impossible de penser que je pourrais potentiellement m’en rapprocher."

"Le rêve s'étend vers une zone non prévue"

Hamilton d'ajouter que ses objectifs initiaux en arrivant en discipline reine ayant tous été remplis, il s'avance désormais en territoire inconnu. "Mon objectif était d’arriver en F1, et puis je voulais remporter un Championnat du monde. J’ai gagné un Championnat du monde, et mon raisonnement était d’être reconnaissant pour celui que je possédais. Bien sûr, on peut travailler pour en avoir un autre, mais il faut être reconnaissant pour celui que l’on a."

"Beaucoup de gens n’ont même pas de titre de Champion du monde, donc j’étais reconnaissant pour celui que j’avais. Ensuite, j’ai eu le second et j’ai eu le même mécanisme de pensée, puis j’ai eu le troisième… Maintenant que j’ai le quatrième, j’ai le même raisonnement. Je crois que je peux gagner plus de championnats."

"Je suis très chanceux d’avoir cette carrière extraordinaire, de travailler avec des gens formidables. Je n’ai aucune idée de ce que le futur réserve, mais je sais avec certitude que je vais m’appliquer comme je l’ai fait cette année et même essayer d’élever mon niveau de jeu pour l’année prochaine. Si j’ai la voiture alors il pourrait y avoir plus."

"Mon but n’a jamais été d’atteindre Michael, j’ai toujours voulu faire quelque chose de similaire à Ayrton [Senna, avec trois titres mondiaux], donc désormais je suis au-delà, le rêve s’étend vers une zone que je n’avais pas prévu."

Lewis Hamilton et Michael Schumacher

"Parmi les vrais, vrais grands" de la F1

Aux yeux d'une grande partie de la communauté F1, le quatrième titre de Hamilton l'a fait passer dans une autre dimension, rejoignant Schumacher, Juan Manuel Fangio, Alain Prost et Sebastian Vettel dans le club très fermé des pilotes avec au moins quatre couronnes.

"Évidemment, je suis vraiment juste reconnaissant d’être parmi les vrais, vrais grands. Pas seulement parmi eux, mais je suis vraiment avec eux, avec les quatre titres, avec les pole positions. C’est quelque chose dont je suis très, très fier. J’ai au moins une année de plus en moi, probablement plus, et j’ai prévu de gagner plus de courses."

Enfin, la présence pour la première fois de l'Histoire de la F1 de deux quadruples Champions du monde sur une même grille pourrait donner à une éventuelle bataille pour la couronne mondiale en 2018 une saveur particulière, à l'heure de pouvoir potentiellement égaler Fangio et ses cinq titres.

"Avant, piloter avec les trois titres était formidable, et tout le monde était conscient qu’il y avait un autre Champion qui en avait quatre. Je n’ai pas vraiment réfléchi à ça, mais j’imagine que ça sera chouette d’être en piste en sachant qu’il n’est plus le seul désormais, que nous sommes deux, et que maintenant c’est une course entre nous pour avoir le prochain."

Source: Motorsport.com

Hamilton et Schumacher