Ou alors chez un autre constructeur ?

S’il a impressionné avec des victoires d’étapes avec son acolyte Daniel Elena au cours des trois éditions auxquelles il a participé, Sébastien Loeb sait que ses chances d’inscrire à son palmarès la victoire finale de l’épreuve sont maintenant sérieusement atteintes par la réalité du départ de Peugeot.

Le nonuple Champion du monde WRC a abandonné l’édition 2018 au cours de la cinquième étape, disputée mercredi, après avoir achevé sa course tanqué dans le sable d’une dune piégeuse, qui a aussi et surtout eu raison de l’intégrité physique de Daniel Elena, officiellement blessé au coccyx une fois l’auto dégagée par un véhicule d’assistance après trois heures d’immobilisation, et qui a nécessité des soins médicaux sur le bivouac d’Arequiva.

La victoire en 2018 ou jamais

Avant le départ de l’édition 2018, Loeb avait conscience du fait que se devait être "l'année ou jamais" pour la victoire générale sur la prestigieuse épreuve. Âgé de 43 ans, Loeb est loin d’être un vétéran de la discipline et fait même figure de "jeune" au sein de l’expérimenté line-up Peugeot comptant Peterhansel, Sainz et Despres, mais la réalité des liens entre le pilote alsacien et PSA fait qu’il est difficile d’imaginer celui-ci venir disputer l’épreuve avec un autre programme dans un futur à moyen terme.

S’agissait-il donc bien de sa dernière chance ? "Peut-être, car pour le moment, je ne prévois pas de revenir," commente-t-il, laconique, quand il est de nouveau interrogé après son abandon. "Je vais continuer avec Peugeot dans d’autres disciplines, en rallycross. Donc pour le moment, je n’ai pas de chance de victoire [sur le Dakar]."

Fracture du coccyx pour Elena

Revenant sur l’incident ayant eu raison des chances de voir l’arrivée de l’équipage #306, Loeb estime qu’il ne disposait pas d’options pour éviter la triste neutralisation de la 3008 DKR.

"C’était un départ compliqué : le sable était très mou et l’auto ne montait tout simplement pas les dunes. Nous nous sommes coincés plus ou moins immédiatement pour environ 20 minutes," reflète-t-il. "Puis nous sommes repartis, et avons été en mesure de suivre les traces de tous les autres, et ça a beaucoup aidé. Nous sommes arrivés sur une zone où il y avait un autre concurrent immobilisé sur une crête et afin de ne pas nous arrêter en grimpant, je suis passé à sa droite pour l’éviter… mais il y avait un trou juste derrière la crête que nous n’avions pas vu. On a tapé dur. Il n’y avait rien d’autre à faire pour nous que d’attendre que le camion ne vienne nous extraire de là."

L’impact dans le dénivelé a surtout fait encaisser un gros choc à l’équipage à bord du cockpit, blessant Daniel Elena.

"C’est simple, on a sauté d’une dune ; on a pris un gros choc avec un gros impact et j’ai eu très mal sur le moment," décrit Elena. "Et donc, voilà, c’est que…coccyx fracturé ! D’habitude, je ne me plains pas, mais voilà, ça ne pouvait pas continuer, parce que'on fait un sport où l’on est assis et être assis sur le Dakar sur un coccyx fracturé, ça ne le fait pas, ce n’est pas raisonnable. Coccyx fracturé, c’est officiel ! Je suis bien debout ou allongé, mais assis…"

"Daniel avait très mal à cause de l’impact," poursuit Loeb. "Nous avons même fini l’étape [500 km, ndlr] vraiment doucement afin de ne pas aggraver sa douleur. Compte tenu de la blessure de Daniel, nous n’avions pas d’autre option que d’abandonner."

Propos de Loeb recueillis par Gerald Dirnbeck

Source: Motorsport.com