La France pourrait payer le prix fort en 2019, voici les chiffres.

Si l'impact économique de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne était déjà évident, une étude réalisée par Deloitte et nommée "Brexit Briefing" prévient aujourd'hui des dangers du scénario d'un hard Brexit sur le marché automobile britannique en 2019. Conséquence directe : les exportations seraient impactées et la France pourrait en payer le prix fort.

La livre sterling ayant déjà chuté d'environ 10% depuis le référendum de juin 2016, cette baisse devrait − dans le meilleur des cas − se maintenir une fois le Brexit acté. De nouvelles taxes seront alors mises en place par l'Organisation Mondiale du Commerce, pouvant s'élever jusqu'à 10% pour un véhicule. Par conséquent, les coûts risquent d'augmenter pour les constructeurs, et donc pour les consommateurs.

Usine Renault Sandouville
Usine Renault Sandouville

Selon l'étude, le prix d'un véhicule produit en France augmenterait alors de 21%, soit une augmentation moyenne de 4000 euros. Les voitures produites dans le reste du monde ne seraient touchées "qu'à" hauteur de 10%. L'Union européenne, elle, pourrait exporter jusqu'à 650'000 véhicules de moins vers le Royaume-Uni : -34% au total.

Les effets directs en France

Selon les derniers chiffres publiés, les voitures produites sur le sol français ont représenté, en 2016, environ 5% de part de marché au Royaume-Uni, soit 160'000 ventes. Il apparaît clairement dans cette étude Deloitte que l'industrie automobile française pourrait être l'une des principales victimes du Brexit. Les exportations diminueraient de 36%, soit 83'000 véhicules de moins que les 230'000 prévus initialement pour l'année 2019, sans hard Brexit. L'économie du secteur serait ainsi amputée de 1,7 milliard d'euros, passant de 4,7 à 3 milliards d'euros au total.

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Et le calcul est ainsi vite fait : 1800 emplois directement liés aux exportations au Royaume-Uni pourraient être menacés chez nous. Au lieu de 5000 employés fabriquant des voitures pour les Britanniques aujourd'hui, le chiffre baisserait à environ 3200, soit le scénario d'une nouvelle catastrophe économique et sociale.

L'étude évoque enfin des pistes de solutions, comme l'optimisation de la stratégie des prix ou une réorganisation géographique du marché mais, à ce jour, rien n'indique que la France sera(-it) en mesure de pleinement pallier aux conséquences du Brexit sur son industrie automobile.