Le PDG de la Formule E en personne nous parle de la saison à venir !

Lors des quatre premières années, il s’agissait de construire le championnat en partant d’une feuille blanche. Nous n’avions rien, mais il a fallu créer quelque chose et le faire exister.

Avec notre voiture de seconde génération, que nous lancerons officiellement au Salon de Genève le 6 mars, nous dévoilerons véritablement l’avenir du sport automobile.

Nous avons pris des risques au niveau du design, nous avons vraiment repoussé les limites et montré comment la technologie avait suivi. La nouvelle batterie de la "Gen-2" nous permettra d’effectuer une distance de course complète sans avoir besoin de changer de monture à mi-course. Peut-être que ce sera moins mouvementé avec une seule batterie, car les changements de voiture sont devenus un moment passionnant – encore plus au Chili, où les pilotes n’avaient pas de temps minimal, donc cela faisait partie de la course.

D’un côté, ce sera donc triste de perdre cet aspect de la course, mais en même temps, je suis heureux car nous montrons à quel point la technologie progresse. Bref, nous avons des idées qui vont rendre les courses encore plus passionnantes.

Nous avons une vitesse de pointe théorique de 300 km/h avec la nouvelle voiture, c’est clairement plus rapide et ce sera vraiment enthousiasmant. Si les "Gen-2" commencent à aller incroyablement vite, elles deviendront trop rapides pour tous les circuits et il faudra en trouver de nouveaux, mais pour l’instant, nous continuerons là où nous sommes. Les pilotes devront juste modérer leur vitesse selon le circuit, comme dans n’importe quel championnat. Ils savent quand freiner, ils savent quand accélérer.

C’est vraiment ce que nous voulions montrer dès le début, mais nous ne savions pas au début si nous serions capables de tenir nos promesses. Maintenant, nous le sommes : la nouvelle apparence de la voiture et la capacité accrue de la batterie nous permettront d’emmener le championnat vers de nouveaux endroits. Cela fera de la saison 5 une grande avancée pour nous, après quatre années enthousiasmantes mais très dures.

La Formule E 2018-19

Nous n’avons jamais vraiment su dans quelle position nous nous trouverions à ce stade. Nous pensions qu’en saison 1, nous ferions sensation et aurions de l’attention, parce que nous étions une nouveauté. Mais que cela allait peut-être s’estomper et que la saison 5 serait celle où tout allait s’achever. Au contraire, la Formule E n’a jamais été en meilleure forme.

Nous sommes sur une meilleure lancée que jamais, avec plus de constructeurs que jamais, plus de partenaires que jamais et plus de passionnés. Notre audience augmentent très fortement et les belles courses comme celle que nous avons eue au Chili nous aident bien.

Ce doublé pour Techeetah, le premier doublé en Formule E, montre à quel point il est important de protéger les écuries indépendantes. C’est un exemple de la façon dont notre règlement peut faire fonctionner le championnat pour l’avenir, avec un espace protégé pour les équipes indépendantes, qui devraient toujours pouvoir être compétitives grâce à un budget étroitement maîtrisé.

Ce sera important avec l’arrivée de nouveaux constructeurs : nous avons BMW pour la saison 5, Porsche en saison 6 et Mercedes soit en écurie d’usine en saison 6, soit via HWA en saison 5. Cela crée clairement la possibilité que la Formule E devienne un championnat de constructeurs si nous ne faisons pas attention, mais tant que nous aurons un cadre qui permet aux équipes indépendantes de concourir et de remplacer les écuries d’usine si elles partent, alors ça ira pour nous.

Si nous avons, par exemple, huit constructeurs, un seul d’entre eux va gagner, un seul va finir deuxième et un seul va être troisième. Donc peut-être que certains d’entre eux vont être frustrés et arrêter. Mais tant que nous avons des indépendants forts, tout ira bien, parce que le championnat continuera parfaitement. Pour l’instant, je suis vraiment content qu’ils soient tous là.

Sam Bird, DS Virgin Racing leadsAlex Lynn, DS Virgin Racing, Nicolas Prost, Renault e.Dams

Bien sûr, il nous reste des défis à relever. En particulier les villes, car nous devons composer avec des situations variables : ce sont des entités vivantes. Si le maire change, peut-être que l’opinion sur la Formule E change. Nous avons appris à vivre avec ça : nous aimerions avoir un calendrier permanent, mais nous avons accepté que ce n’était pas possible.

Cela fait partie de notre identité. Nous avons demandé aux parties prenantes – les équipes, les sponsors, etc – "Que préférez-vous ? Un circuit automobile avec un calendrier permanent ? Ou devrions-nous rester en centre-ville et avoir un peu de changement et moins de stabilité ?"

À chaque fois, ils choisissent la deuxième option, ils veulent rester en centre-ville. Pour le staff, c’est un cauchemar, car c’est vraiment dur de travailler en ville. Cela complique énormément les choses et c’est un grand défi logistique. Mais nous le relevons, parce que c’est notre identité.

Notre prochain grand défi, ce sont les fans. Nous avons beaucoup de fans, surtout sur Internet, c’est en pleine explosion, mais il nous en faut évidemment davantage. La prochaine phase pour notre entreprise est donc d’accroître la portée et la notoriété de la Formule E, ce qui prend du temps. La nouvelle voiture sera un grand atout pour capturer l’imagination des gens ; elle nous aidera à gagner beaucoup de fans. Ils l’adoreront quand ils la verront évoluer en ville.

Et c’est le message que nous enverrons à Genève le 6 mars : l’avenir est ici. L’avenir du sport auto est ici. Il est arrivé. Vous pouvez le regarder à la télévision ou dans les villes du monde entier. C’est à ça que le sport auto ressemblera, et il est déjà présent.

Teaser de la Formule E 2018-19
Source: Motorsport.com