Le PDG du groupe PSA exhorte les gouvernements à prendre leurs responsabilités.

C'est aussi en sa qualité de directeur de l'ACEA, Association des Constructeurs Européens d'Automobiles, que le PDG de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares est intervenu lors du Salon de Genève 2018, à l'occasion d'une table ronde avec les journalistes.

Son message fut clair : il demande aux gouvernements des états européens de prendre leurs responsabilités en matière d'infrastructures de recharge au service des véhicules électriques. "Les États doivent prendre des engagements minimaux sur la densité du réseau de charge", a déclaré Tavares.

Le grand patron de PSA souhaite également que le déploiement d'un réseau d'équipements aille de paire avec les objectifs de plafonds d'émissions de CO² fixés aux constructeurs de l'industrie automobile : "Il y a maintenant une responsabilité citoyenne des États qui est de s’engager sur la densité minimale des réseaux de chargement de véhicules électriques, en amont des dates qui ont été fixées pour atteindre les objectifs de CO2 fixés par l’Union européenne."

Trois marques de PSA

Autrement dit, Tavares tape du poing sur la table et demande aux États de l'UE de prendre leurs responsabilités afin de maintenir les objectifs... qu'ils ont eux-mêmes fixés. Cette intervention a lieu dans un contexte où l'on connaît la position de l'homme fort de PSA, qui juge volontiers que son groupe se voit désormais contraint de se diriger vers l'électrique au plus vite, parfois en dépit du bon sens.

Logiquement, il exhorte donc les gouvernements à donner le tempo, jugeant que les pouvoirs publics ne peuvent pas contraindre l'industrie automobile à se diriger plus vite vers l'électrique sans poser d'acte fort allant dans ce sens.

PSA est prêt à agir

Tavares n'a d'ailleurs pas hésité à confirmer son hésitation quant à l'intérêt d'un basculement rapide vers un système de batteries : "Du point de vue sociétal, il y a encore beaucoup de zones d’ombre sur la propreté de l’énergie électrique que nous utiliserons, sur ce que deviennent les recettes fiscales des carburants, sur l’empreinte carbone de la fabrication des batteries, du recyclage des batteries ou encore de l’extraction des matières premières", a-t-il exprimé, selon les propos repris par nos confrères du Blog Auto.

2018 Peugeot 508 First Edition

Pour autant, Tavares n'est pas né de la dernière pluie et a parfaitement conscience des responsabilités qui incombent à son groupe : "Nous sommes très bien outillés du point de vue technologique, avec des technologies propres à PSA, pour nous positionner fortement dans le monde des véhicules électrifiés", assure-t-il.

Pour rappel, les constructeurs automobiles ont pour objectif de réduire leurs émissions de CO2 de 130 à 95 grammes par kilomètre d'ici l'année 2021, au sein de l'Union Européenne. Dans le cas contraire, de très lourdes amendes leur seront infligées.

En France, le gouvernement et les grands patrons de l'automobile se réuniront le mois prochain, afin d'aborder les méthodes qui permettront le mieux d'amorcer le virage vers l'électrique, ainsi que la sortie du diesel.

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