Mais l'organisme de sécurité routière a déjà répliqué avec un nouveau rapport.

La limitation de vitesse à 80 km/h continue de faire débat et devrait être critiquée et défendue, d'une part et d'autre, jusqu'à sa mise en application, en attendant les publications de chiffres qui confirmeront ou infirmeront sa légitimité. Ce sont désormais les sénateurs eux-mêmes qui ont lancé une fronde contre cette législation en dénonçant les expérimentations menées sur trois tronçons de route, où la vitesse est limitée à 80 km/h depuis deux ans.

Les dernières infos sur la loi 80 km/h:

Ceux-ci ont créé un groupe de travail, mené par Hervé Maurey, sénateur de l'Eure et président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, ainsi que par Philippe Bas, sénateur de la Manche, qui officie également comme président de la commission des lois. Les deux hommes et le groupe qu'ils mènent veulent prouver que les expérimentations menées entre 2015 et 2017, et qui ont mené à l'établissement de cette loi, n'ont pas permis de prouver qu'elle était nécessaire.

Le principe de la contre-proposition des sénateurs est simple : plutôt que d'uniformiser le passage à 80 km/h sur l'intégralité du réseau des routes à double sens dépourvues de séparateur central, ils proposent de ramener cette loi à l'échelle départementale afin d'établir les besoins et de "l'adapter aux réalités des territoires." C'est notamment ce qui est ressorti de la consultation faite par ce groupe de travail auprès des Français, qui ont envoyé plus de 20'000 réponses.

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Voyant la fronde menée par les sénateurs, et non plus par les usagers de la route, l'Observatoire interministériel de la sécurité routière (ONISR) s'est fendu d'un nouveau rapport visant à mieux comprendre le taux d'accidents et de mortalité sur les routes concernées. Ce long rapport, s'il présente des conclusions parfois nébuleuses, s'appuie sur de nombreux chiffres pour étayer la nécessité d'implémenter cette loi à l'échelle nationale.

Avec moins de deux mois et demi avant la mise en application de la loi et la limitation des routes à 80 km/h, le temps presse et la guerre des rapports est lancée entre le gouvernement, qui s'appuie sur les chiffres imparables de l'ONISR, et les sénateurs, qui estiment que la manière de comptabiliser les accidents et d'établir ces rapports sur les routes expérimentales n'étaient pas représentatives.