Le blocage ne devrait durer que trois jours.

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont annoncé le blocage de 13 raffineries et dépôts de carburant dans toute la France pour dénoncer les différences de traitement, notamment au niveau des normes sur les matières premières. De fait, les raffineries seront bloquées dès dimanche, et ce jusqu'à mercredi, dans tout l'hexagone, comme le précise la FNSEA, qui souhaite "dénoncer les contradictions du gouvernement sur les accords internationaux et les négociations bilatérales qui autorisent des contingents d'importation complémentaires qui viennent déstabiliser l'ensemble des filières."

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"L'huile de palme est ce qui a fait déborder le vase, alors que la filière oléoprotéagineuse française a la capacité de répondre aux besoins des groupes pétroliers", a déclaré Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, qui s'insurge notamment contre l'utilisation de cette huile, par ailleurs très décriée, dans le biodiesel. "Ce que nous demandons au gouvernement, c'est qu'avant l'application de toute nouvelle norme, le Corena [Comité de rénovation des normes en agriculture] puisse faire une expertise économique et sociale."

Et de muscler son discours quant au blocage des raffineries, qui toucheront tout autant l'Ile-de-France que la province : "En visant les raffineries, c'est le gouvernement que nous visons : lieux stratégiques pour l'État, elles symbolisent les distorsions de concurrence dont nous sommes victimes. La région parisienne ne sera pas épargnée. Paris sans carburant sera le symbole de la vision macroniste d'une agriculture sans paysan."

En réalité, il y a pour le moment peu de craintes à avoir, si ce n'est aucune, quant à une éventuelle pénurie de carburant. Les derniers blocages de raffinerie remontent à 2017 et 2016 et avaient en effet duré bien plus longtemps, en réalité plusieurs semaines, sans pour autant que la pénurie ne vienne complètement. Le travail sur le carburant et la circulation de celui-ci devraient reprendre au plus tard jeudi, et il est justement plus pertinent de ne pas réagir en panique en allant faire immédiatement le plein.

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En réalité, c'est souvent l'afflux massif vers les stations, lorsqu'une grève ou un blocage est annoncé, qui vide les dernières réserves. La précipitation vers les stations crée généralement un déséquilibre dans l'approvisionnement qui, en période un peu plus sensible, se répercute très rapidement par des manques dans les stations. Il est également bon de rappeler qu'en plus des dépôts et raffineries traitant le carburant quotidiennement, la France est pourvue d'un stock de carburant qui pourrait, dans le cas d'un blocage total, nous permettre de tenir trois mois ! Il est donc urgent d'attendre et de ne pas céder à la panique d'une éventuelle pénurie, qui reste aujourd'hui un scénario très improbable.