Un sous-investissement sur 17% des routes.

Voilà encore une nouvelle qui va faire grincer des dents, à l'heure où l'État investit près de dix millions d'euros pour remplacer les panneaux et adapter le réseau à la nouvelle limitation de 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central. Un rapport effectué par des bureaux d'étude suisses révèle en effet que l'état du réseau routier national non concédé, c’est-à-dire les routes gérées par l'État, présente de grosses dégradations.

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Élisabeth Borne, ministre des transports, a expliqué en mai qu'un plan de sauvegarde des routes est prévu pour 2019. L'entretien des routes coûte actuellement 800'000 euros par an à l'État, et il a été convenu que ce budget passerait à un milliard d'euros annuel pour aider à rajeunir le réseau routier et autoroutier non concédé, qui représente tout de même 17% de l'ensemble du réseau.

Et si la Ministre annonçait à l'époque qu'il s'agissait de simples aménagements et non de grands travaux, il apparaît aujourd'hui que "le sous-investissement chronique en matière d'entretien routier" a amené une situation aujourd'hui difficile à gérer. En 2010, l'ensemble des investisseurs dans le réseau français avaient engagé des dépenses à hauteur de 15,5 milliards d'euros, contre moins de 12 milliards en 2017.

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Autre problème soulevé par l'audit des cabinets suisses : les ponts. En effet, d'après l'étude, un tiers des 12'000 ponts présents sur le réseau national non concédé nécessiterait des réparations, et "un pont par jour disparaît de la liste des ponts sécurisés", d'après Christian Tridon, membre du syndicat des entrepreneurs spécialistes de réparation et renforcement des structures.

Le rapport explique enfin que "seul le scénario prévoyant une hausse substantielle des ressources financières permet de garantir la pérennité des niveaux de service". Pour résumer, il est conseillé à l'État de mettre en place son plan d'investissement prévu pour 2019, et de le conserver pendant près de 20 ans, puisqu'il se dit qu'il faudrait investir un milliard par an jusqu'en 2037 pour pouvoir améliorer remarquablement l'état des routes et structures concernées.

Source : Le Journal du dimanche