C'est le jugement du délégué interministériel à la Sécurité Routière.

Un rapport se penchait récemment sur le mauvais état des routes françaises, notamment celles non concédées, et pour lesquelles le gouvernement voulait lancer un plan de sauvegarde comprenant une rénovation des routes mais aussi des infrastructures comme les ponts. Invité dans Bourdin Direct sur RMC, le délégué interministériel à la Sécurité Routière, Emmanuel Barbe, a tenu à minimiser l'urgence de ces modifications.

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"C'est un problème relatif en matière de sécurité routière", a déclaré Emmanuel Barbe. "[C'est] un peu plus [un problème] pour les motards, même si une bonne moto passe tout à fait un trou, il faut quand même le dire. Les accidents qui ont les routes pour cause unique, exclusive et, il n'y en a pas beaucoup, cela représente environ 3%, alors que 90% des accidents ont pour cause une erreur humaine."

"Ce n'est pas une cause d'accidentalité importante. Le point important en sécurité routière, c'est la route pardonnante, quand il y a erreur humaine. L'autoroute, c'est typiquement cela puisqu'elle évite les chocs bidirectionnels, lorsque vous avez un accident vous êtes remis dans le sens de la circulation. Il y a aussi des routes où la moindre erreur va faire que l'accident sera plus grave, par exemple s'il y a un précipice."

Et pour cause : selon lui, le mauvais état des routes pourrait être un avantage au moment de sauver des vies, puisqu'il empêcherait les automobilistes et motards de s'adonner à ce qu'il qualifie comme pire facteur d'accidentalité, la vitesse.

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"Le paradoxe, c'est que les routes les plus belles de France sont 3.5 fois plus mortelles que les autres, parce que comme elles sont belles, on y roule plus vite. Le vrai facteur de dangerosité en sécurité routière, et d'accidentalité, c'est véritablement la vitesse. Avoir de bonnes routes, c'est bien pour le confort, mais 90% des accidents ont lieu quand il fait sec, pas quand il pleut. Ce sont des choses difficiles à comprendre mais qui sont étayées par les statistiques."

Reste à savoir si ces arguments sont utilisés pour justifier les difficultés rencontrées par l'Etat à remettre en bon état les routes et infrastructures du pays, ou s'il s'agit là d'une autre manière de recentrer le problème sur la vitesse, toujours au centre des débats dans le pays après l'introduction de la loi 80 km/h.

 

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