Le gouvernement joue la carte de la transparence.

Pour la deuxième année consécutive, le Ministère de l'Intérieur répond à la question qui taraude beaucoup d'automobilistes français : à quoi sert l’argent des radars automatiques ?

Première chose à savoir : les radars automatiques ont généré plus d'un milliard de recettes en 2017 (1013,14 millions d'euros pour être précis). Cela représente une hausse d'environ 10 % par rapport à l'année précédente.

D'après l'État, 91,2 % du total (soit 924,5 millions d'euros) a servi à financer la lutte contre l'insécurité routière, et notamment à améliorer le réseau routier. Les 8,8 % restants (88,7 millions d'euros) ont été affectés au désendettement du pays.

"En 2016, 91,8 % des recettes (soit 845,2 M€) était consacrée à l’insécurité routière, la légère baisse de 0,6 point d’un exercice à l’autre est liée à l’augmentation des recettes liées aux amendes forfaitaires majorées (+28,9 M€) qui sont réparties, selon la loi, à hauteur de 53 % pour les collectivités locales et de 47 % pour le désendettement de l’État", précise le Ministère.

La somme affectée à la sécurité routière en 2017 a été repartie entre trois institutions :

  • l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF), qui a perçu 405,5 millions d'euros. Cela a financé la moitié de l'investissement réalisé par cette entité pour la modernisation des infrastructures routières (811,4 millions d'euros).
  • la Délégation à la sécurité routière, qui a touché 249 millions d'euros. Cette institution assure l'entretien des radars et les opérations gravitant autour de ceux-ci (gestion des points par exemple). Elle finance aussi des campagnes de prévention routière.
  • les collectivités territoriales, qui ont eu droit à 270 millions d'euros

En jouant la carte de la transparence, l'État espère mieux faire avaler la pilule aux Français, qui restent toutefois libres d'interpréter comme ils l'entendent cette opération de communication forcément partiale.