Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, s'est montré ferme à ce sujet.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, le samedi 17 novembre prochain, une grande manifestation est prévue sur l'ensemble du territoire pour dénoncer la hausse des prix des carburants. Parmi les actions qui devraient impacter la circulation, ce sont sûrement les blocages au niveau des péages qui seront scrutés. Le gouvernement semble avoir quelques craintes concernant cette mobilisation, surtout au niveau organisationnel. En effet, si les taxes sur les carburants vont dans tous les cas augmenter le 1er janvier 2019, la manifestation ne devrait pas faire plier l'exécutif. Le gouvernement craint surtout une paralysie totale du pays compte tenu du fait que la manifestation n'est clairement pas organisée en bon et due forme.

Le mouvement créé des divisions au sein même des organisations syndicales, des associations et des parties politiques qui se sont greffés à la manifestation. Les rassemblements s'organisent donc de façon locale, plus généralement sur les réseaux sociaux où une personne prend en charge l'organisation des différents blocages dans un secteur précis. Une carte est d'ailleurs à disposition pour connaître les différents points de blocage. De ce fait, du côté du gouvernement, on craint aussi pour la sécurité. C'est en tout cas l'un des arguments avancés par Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, qui a déclaré que "les forces de l’ordre interviendront pour lever tout blocage total lors de la journée de mobilisation des 'gilets jaunes' le 17 novembre contre la hausse du prix des carburants".

"Je demande qu’il n’y ait aucun blocage total. Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre circulation, nous interviendrons", a affirmé le ministre de l'Intérieur sur BFM TV. "Nous interviendrons d’abord par la discussion et ensuite nous rendrons la libre circulation", a-t-il précisé. "Ce qui est difficile, c’est qu’on n’a pas une organisation syndicale qui a l’habitude de faire une manifestation qui l’organise. Par exemple, une manifestation ça se déclare en préfecture. Là, très peu l’ont déclarée. J’appelle ceux qui nous écoutent à déclarer le lieu de la manifestation", poursuit le ministre.

Christophe Castaner précise qu'aucune manifestation ne sera interdite "si elle ne menace pas l’ordre public et si elle n’entrave pas la libre circulation". Le ministre de l'Intérieur précise qu'il n’exclut pas de répondre "fermement" et, si c’est nécessaire, "de faire dégager la route par les forces de l'ordre". Pour se faire entendre, il n'hésite également pas à mettre en avant des questions relatives aux assurances : "J’invite celles et ceux qui nous écoutent à réfléchir à la situation suivante. S’ils ne déclarent pas la manifestation, s’ils bloquent un rond-point, s’il y a un énervement, une personne qui s’emballe et il y a un mort... Ce n’est pas l’État qui sera en responsabilité, c’est la personne qui aura causé l’accident qui n’aura pas d’assurance, parce que l’assurance ne couvrira pas le fait d’avoir bloqué l’entrée d’autoroute ou le périphérique et à ce moment-là, on sera dans une situation inextricable".

Pas sûr que cela suffise à refroidir les ardeurs de certains manifestants. Pour rappel, l'appel au blocage des routes est soutenu par environ 8 Français sur 10. Une carte interactive est consultable permettant de lister les différents blocages et rassemblements prévus pour la journée de mobilisation. Découvrez ci-dessous si une mobilisation est prévue près de chez vous !