Ghosn reste PDG du groupe. Mais Thierry Bolloré obtient les pleins pouvoirs.

L'après-Carlos Ghosn s'organise. Alors que le PDG de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est toujours sous le coup d'une procédure judiciaire au Japon concernant des soupçons de fraude fiscale (voir nos articles précédents) , et en attendant que Nissan destitue son grand patron ce jeudi lors de son conseil d'administration, c'est le groupe Renault qui a du prendre des mesures pour assurer la continuité des opérations. 

En l'occurence, la firme au Losange a tenu un conseil d'administration ce mardi 20 novembre 2018 au soir afin de décider de mesures de gouvernance provisoires. Si Renault ne se prononce évidemment pas sur le fond de l'affaire, expliquant dans un communiqué que "le Conseil n’est pas en mesure de se prononcer sur les éléments dont disposeraient Nissan et les autorités judiciaires japonaises à l’encontre de M. Ghosn", ce dernier est quand même jugé "temporairement empêché"

Et s'il a été décidé de lui conserver ses fonctions de PDG, le numéro 2 du groupe depuis février dernier, Thierry Bolloré, 55 ans, a été nommé à titre provisoire Directeur Général délégué. C'est à ce titre qu'il exercera la direction exécutive du groupe, "disposant ainsi des mêmes pouvoirs que M. Ghosn".

À noter tout de même que Thierry Bolloré, bien que disposant "des pleins pouvoirs", dirigera le groupe Renault en tandem avec Philippe Lagayette, l’administrateur référent du conseil de Renault.

Renault demande des éléments d'enquête à Nissan

Bien qu'étant dans le même groupe, la communication entre Renault et Nissan semble un peu compliquée ces derniers temps. Il faut rappeler que si Carlos Ghosn a été arrêté, c'est suite à des éléments apportés aux autorités japonaises par Nissan, le constructeur nippon ayant mené une enquête "sur plusieurs mois" suite à "rapport de dénonciation". Cela inclut également un autre dirigeant, Greg Kelly.

Renault souhaite donc disposer des mêmes éléments que Nissan, et l'a fait savoir lors de son conseil d'administration : "Le Conseil a par ailleurs décidé de demander à Nissan, sur le fondement des principes de transparence, de confiance et de respect mutuel de la Charte de l’Alliance, de lui transmettre l’ensemble des informations en sa possession dans le cadre des investigations internes dont M. Ghosn a fait l’objet."

La chronologie de l'affaire Carlos Ghosn :