À l'occasion d'une rencontre avec les élus locaux, le président de la République s'est confié sur la mesure des 80 km/h.

En pleine colère des "Gilets Jaunes", le gouvernement a cédé du terrain en renonçant, par exemple, à la hausse des taxes sur les carburants initialement prévues pour le 1er janvier prochain ou encore au le durcissement du contrôle technique. Cela aurait pu aller encore plus loin puisque le chef de d'État aurait même songé à annuler la mesure concernant les 80 km/h, avant d'y renoncer. Pour la première fois depuis le mouvement des "Gilets Jaunes", Emmanuel Macron va s'exprimer ce soir à la télévision. Mais avant ça, il a reçu une quinzaine d'élus locaux vendredi dernier à l'Élysée. 

Sur les antennes de nos confrères de chez Europe 1, Karl Olive, maire de Poissy, et Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, ont résumé en quelques mots cet entretien. Le président de la République se serait confié sur deux mesures qu'il regretterait aujourd'hui : la baisse des APL et, surtout, la mesure concernant le passage à 80 km/h sur le réseau secondaire. Une mesure qui, pour rappel, a été portée par Edouard Philippe du début à la fin et qui n'aurait pas forcément enchanté Emmanuel Macron.

Arnaud Péricard livre un bref résumé de l'état d'esprit du président de la République au micro de nos confrères de chez Europe 1 : "J'ai trouvé qu'il était dans un état d'esprit combatif. On a envie que le pays réussisse. On l'a mis à la machine à baffe pendant trois heures. Il a accepté cette règle du jeu et de répondre à nos questions. Le président a répondu de manière cash. Il a dit que les 80 km/h était une 'connerie'".

Présentée comme une grande expérimentation de deux ans, la mesure concernant les 80 km/h n'est pas une revendication des "Gilets Jaunes dans l'absolu. Dans tous les cas, la loi ne devrait sûrement pas être retirée d'ici 2020 et l'annonce de la continuation ou de l'abandon des 80 km/h. Un abandon aujourd'hui signifierait une scission entre Emmanuel Macron et son Premier ministre. Sans oublier que cela occasionnerait encore une fois des coûts faramineux pour la remise en place de toutes les infrastructures.

Le chef de l'État ne s'est pas arrêté uniquement à la mesure des 80 km/h selon Arnaud Péricard. Emmanuel Macron a également répondu aux questions des élus concernant l'augmentation des taxes et notamment celles sur les carburants : "Il disait qu'il y avait trop d'impôts et trop de taxes dans ce pays", a certifié le maire de Saint-Germain-en-Laye. Rappelons que, pour le coup, la hausse des taxes sur les carburants est l'une des − nombreuses − revendications des "Gilets Jaunes".

Source : Europe 1