L'unité de vidéo-verbalisation sera maintenant attentive à l'encombrement des carrefours.

Lorsque la circulation est dense, ça nous est pratiquement tous déjà arrivés de rester bloquer en plein milieu d'un carrefour. Quand le feu sur la voie perpendiculaire passe au vert pour les autres automobilistes et que vous êtes en plein milieu, il vaut mieux trouver la solution la plus adaptée pour ne pas s'attirer les foudres des autres usagers. La solution la plus simple étant toutefois de rester au pied du feu si l'on remarque que ça n'avance pas devant. L'encombrement des carrefours à Paris sera d'ailleurs peut-être un mauvais souvenir pour certains puisque l'unité de vidéo-verbalisation de la préfecture de police de Paris va désormais s'attaquer aux automobilistes qui s'engagent dans les carrefours.

Rappelons que l'infraction "d'encombrements de carrefours" qui consiste à "engager un véhicule dans une intersection où il peut être immobilisé et gêner la circulation" est sanctionnée par une amende de 90 euros, selon le code de la route. C'est d'ailleurs l'article R412-33 qui fait foi :" Les feux de signalisation verts autorisent le passage des véhicules, sous réserve, dans les intersections, que le conducteur ne s'engage que si son véhicule ne risque pas d'être immobilisé et d'empêcher le passage des autres véhicules circulant sur les voies transversales". Le préfet de police, Michel Delpuech, donne plus de précisions sur la mise en place de la vidéo-verbalisation : "Nous allons cibler des carrefours stratégiques pour la circulation mais aussi pour les transports en commun".

Un élargissement des infractions vidéo-verbalisables

La vidéo-verbalisation sévit dans la capitale depuis six ans et le nombre d'infractions grimpe en flèche avec pas moins de 119'193 PV dressés en 2018, soit une augmentation de 42 % par rapport à l'année précédente selon Françoise Hardy, sous-directrice régionale de la circulation et de la sécurité routières de la préfecture de Police. Rappelons que la l'unité de vidéo-verbalisation se relaie de 7h à 20h30 dans les sous-sols de la préfecture de police de Paris pour scruter les 1200 caméras réparties sur 48 axes et huit carrefours accidentogènes.

Avec le temps, le champ juridique des infractions a évolué. Il y a encore quelques années, seulement cinq ou six infractions pouvaient être verbalisées via les caméras. Maintenant, elles sont au nombre de douze. Depuis 2018, les caméras peuvent ainsi relever le refus de priorité à piéton, le sens interdit, le franchissement d'une ligne blanche continue ou encore le non port de la ceinture. Dans le détail, en 2018, sur les 119.193 infractions relevées, 59 % étaient de la circulation au sein d'une voie de bus, 12 % du stationnement dans une voie de bus, 19 % du stationnement non autorisé, 6 % du non respect de sas de vélo, 3 % du franchissement de feu rouge, et 1 % d'autres infractions (non port de la ceinture...). Attention également bientôt du côté des aéroports, hors de Paris intra-muros donc, puisque l'unité de vidéo-verbalisation devrait être progressivement élargie aux aéroports d'Orly et de Roissy, notamment pour lutter contre les stationnements gênants.