Un travail d'orfèvre dans un lieu exceptionnel !

À l'occasion des Motor1Days 2019, nous avons pu parcourir les routes de la fameuse Motor Valley, le berceau de l'industrie automobile italienne. Un bassin industriel au sein duquel se trouve un artisan de l'automobile, Pagani. Un nom bien connu dans l'automobile et particulièrement dans le secteur des supercars, dans lequel l'Italien est spécialisé. La marque nous a ouvert les portes de son musée et de son usine, où nous avons pu voir comment naissent ces rares et exceptionnelles voitures.

C'est dans une zone industrielle à quelques encablures du centre de Modène que l'on a découvert le bâtiment qui sert à la fois de musée et d'usine à la marque. Malgré la présence d'un prototype derrière une grille sur le côté du bâtiment, on est accueillis sur le parking par... une Ford GT, celle de Horacio Pagani, qui est toutefois loin de faire tâche devant le bâtiment dont l'entrée est surplombée par le logo Pagani.

Une fois à l'intérieur, on se rend compte de la passion qui anime la marque. A côté de l'entrée du musée, on peut atteindre l'usine du constructeur, où la magie opère. Dès l'arrivée dans la pièce principale, on voit plusieurs modèles en cours de fabrication, à différents stades de production. Ici, on peut apercevoir une Zonda S, là un prototype de Huayra, le tout dans une grande pièce au design très italien, épuré, dans laquelle travaille une poignée d'employés.

Usine Pagani
Usine Pagani
Usine Pagani
Usine Pagani
Usine Pagani

Notre guide du jour, Thomas Lee, nous explique que l'usine a été pensée pour rendre hommage à un village typique italien et à sa place centrale, d'où la présence de pavés au sol, de briques, de lampadaires, ou encore d'un jardin vertical. Il précise que la volonté de Pagani, c'est de mélanger art et science, dans un esprit rendant hommage à Léonard de Vinci. C'est pour cela, selon lui, que l'on trouve quelques voitures au milieu de la pièce, en hommage au travail qu'aurait pu faire de Vinci sur ses inventions.

La voiture faite main et sur-mesure

Chez Pagani, tout est fait à la main. Parmi les voitures en construction le jour de notre visite, aucune n'était au même stade d'assemblage. La carrosserie était en train d'être assemblée sur une, tandis que sa voisine voyait son habitacle être assemblé. La moins avancée n'était constituée que de trois pièces d'arceau métalliques prêtes à être assemblées, à côté desquelles on pouvait voir un train arrière et un moteur.

Outre cette grande pièce, l'usine est constituée de nombreux petits boxes dans lesquels le carbone est travaillé pour être assemblé en différents panneaux de carrosserie, et traité pour affronter la route. Dans cette partie de l'usine, on trouve également trois fours autoclaves, ainsi qu'une voiture en pré-assemblage, puisque chaque modèle passe entre les mains d'un employé chargé d'assembler la carrosserie sur un châssis afin de s'assurer que les pièces sont parfaitement conçues.

Usine Pagani
Le carbone, une obsession chez Pagani

À l'étage, on retrouve un atelier où le carbone est créé pour être transformé en morceaux qui sont par la suite assemblés pour constituer des pièces de la voiture. La formule du carbone utilisée par Pagani est gardée secrète par la famille, qui commande les matières premières auprès de quatre fournisseurs différents. Ces fournisseurs ne se connaissent pas et aucun ne sait qui sont les autres à avoir de contrat, afin qu'aucun recoupement ne puisse être effectué.

Les points de faiblesse du carbone sont calculés précisément pour chaque pièce afin que la voiture puisse casser de manière à optimiser la sécurité des passagers. Il en va de même pour l'assemblage du châssis, qui se fait en trois grosses parties, afin que l'habitacle puisse encaisser le moins de forces possible. Les pièces taillées dans l'aluminium, notamment le logo et les jantes, sont sculptées depuis un bloc unique du métal. 

Pagani Huayra
La peinture est apposée sur le carbone

Moins de 50 unités chaque année

Il faut entre trois et six mois pour créer une Pagani, dont un mois consacré exclusivement à la peinture des différents éléments, souvent peints en transparence au-dessus du carbone. Entre la commande d'un modèle précis et sa livraison au client, la marque a besoin de neuf à 12 mois selon les demandes du client, en sachant qu'une phase de test est également demandée. Chaque voiture étant assemblée à la main, les pilotes d'essais doivent s'assurer qu'elles répondent toutes aux mêmes exigences de qualité et de conduite.

Pagani produit environ 40 à 43 voitures par an et veut atteindre 50 unités en 2019. Le cahier des charges de chaque voiture sortant de l'usine est gardé dans les archives afin de pouvoir la remettre en état d'origine si besoin. Ce fut le cas pour la toute première Zonda C12 exposée à Genève cette année, qui était au départ un châssis de crash-test, et qui a été assemblée selon la configuration initiale de la C12.

Voir cette fabrique de voitures de luxe, dont le prix de base est fixé à 2,3 millions d'euros, fourmiller de travailleurs se penchant manuellement sur chaque détail de chacun de ces modèles est une expérience incroyable. On passerait toute la journée à regarder ces créations prendre vie, au fil de chaque pièce installée, mais on se fait parfois rappeler à l'ordre par le démarrage d'un V12, qui résonne alors dans toute l'usine. Un son dont on ne se lasse pas, et Pagani le sait puisque le constructeur, bien que réfléchissant à un modèle électrique, ne compte pas arrêter les supercars thermiques

'