Le SUV de la firme américaine devra, peut-être, se trouver une autre appellation si la tribu des Cherokees obtient gain de cause.

Le Cherokee, c'est une petite institution du côté de chez Jeep. Ce modèle, lancé en 1974, a eu le droit à plusieurs générations, et même à l'arrivée d'une version encore plus spacieuse avec le Grand Cherokee apparu en 1991. Mais il se pourrait bien que l'aventure se termine sous peu pour l'emblématique tout-terrain de la firme américaine. Du moins, il pourrait rapidement changer de nom.

En effet, le chef de la tribu amérindienne éponyme, Chuck Hoskin Jr, estime que "le temps est venu pour les entreprises et équipes sportives aux Etats-Unis de cesser d'utiliser leur nom". Le chef de la tribu des Cherokees "a dit au groupe qu'il ne tolérait pas l'usage de Cherokee par leur entreprise", a confirmé lundi 22 février 2021 à l'AFP une porte-parole de cette tribu.

Ce dernier l'a fait savoir à la maison-mère de Jeep, le groupe Stellantis, issu de la fusion entre les groupes PSA et FCA, par visioconférence le 29 janvier. Contacté par l'AFP, le constructeur automobile n'a pas encore répondu.

"Je pense que le moment est venu, dans ce pays, pour les entreprises et équipes sportives, de retirer les noms, images, et mascottes amérindiens de leurs produits, maillots et équipes", avait justifié le chef des Cherokees dans une déclaration transmise le 14 janvier 2021 au magazine américain Car and Driver, qui l'avait sollicité. "Je suis sûr que cela était bien intentionné, mais cela ne nous honore pas d'avoir notre nom inscrit sur le côté d'une voiture", avait-il déploré.

"La meilleure façon de nous honorer est d'en apprendre davantage sur notre gouvernement, notre rôle dans ce pays, notre histoire, notre culture et notre langue et d'avoir un dialogue constructif avec les tribus reconnues par le gouvernement fédéral sur l'appropriation culturelle", avait souligné Chuck Hoskin Jr.

Et cette demande n'est pas un coup d'épée dans l'eau, loin de là, puisque, sous pression, l'équipe de football américain de Washington et celle de baseball de Cleveland ont, elles aussi, abandonné leurs noms empruntés à des tribus amérindiennes, respectivement les Redskins, et les Indians. Reste à savoir ce que vont donner les négociations entre Stellantis et la tribu des Cherokees, mais au vu des décisions récemment prises par les équipes sportives précitées, elles devraient être compliquées pour le groupe automobile.