En falsifiant le taux d'alcoolémie des automobilistes, ce gendarme voulait soigner ses statistiques.

L'Echo Républicain rapporte une affaire assez surprenante. Un gendarme a été jugé le jeudi 15 avril 2021 et condamné pour faux et usage de faux. Durant l'année 2020, il a verbalisé des automobilistes en trichant à l'éthylotest.

Comment est-ce possible ? Eh bien, lorsqu'un automobiliste soufflait dans l'appareil et qu'il ne vérifiait pas la valeur indiquée par la machine, le gendarme ne se privait pas de gonfler le taux d'alcool afin de pouvoir le sanctionner. Ainsi, même les automobilistes qui n'avaient pas un taux d'alcool délictuel se sont vus retirer des points ou leur permis de conduire.

Aucun automobiliste ne s'est rendu compte de la supercherie, mais pas les collègues au gendarme. En septembre 2020, alors qu'il était en train de verbaliser un automobiliste à cause d'un taux d'alcool de 0,46 mg par litre d'air expiré, les gendarmes remarquent que l'éthylomètre n'affichait que 0,13 mg, ce qui est bien en dessous du taux autorisé (0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré).

À la barre du tribunal de Chartes, le gendarme de 52 ans (à la retraite depuis novembre dernier) a expliqué  avoir été victime d'injustices au cours de sa carrière et qu'il voulait améliorer ses statistiques. Il a aussi dénoncé le comportement des automobilistes qui n'ont "plus de respect pour l'uniforme et minimisent souvent leur faute".

Le procureur de la République a réclamé trois ans de prison dont un an ferme. L'ex-gendarme purgera sa peine à la maison... avec un bracelet électronique. Le procureur s'est engagé à ce que tous les automobilistes lésés par le gendarme retrouvent leurs points ou leur permis de conduire. Parmi eux, un retraité de 78 ans qui n'avait plus le droit de conduire à cause d'une alcoolémie de 0,47 mg par litre d'air. En réalité, et lors du contrôle, l'éthylotest avait enregistré une valeur de 0,09 mg par litre d'air expiré. Il était donc parfaitement en règle et pouvait normalement reprendre la route.