Il ne se passe pas un jour sans que la liste des "victimes" de la pénurie de semi-conducteurs, ces minuscules morceaux de silicium (pour simplifier) indispensables au fonctionnement des voitures modernes, ne soit mise à jour. Et les petits constructeurs ne sont pas les seuls à être touchés : des géants comme Volkswagen et Renault doivent également réduire leur production.

Il est aujourd'hui difficile d'annoncer combien de temps durera cette crise, mais, selon les prévisions les plus pessimistes, elle pourrait se prolonger jusqu'à la fin de l'année 2022. Des mois difficiles attendent les constructeurs, et un retour à la normale n'est pas envisagé avant 2023.

Volkswagen dans la tourmente

Inaugurée en 1938, l'usine Volkswagen de Wolfsburg est le centre névralgique de la firme allemande. Depuis le début de l'année 2021, l'usine n'a pu produire que 300 000 véhicules. Cela peut sembler déjà beaucoup, mais pas pour une usine qui est censée pouvoir produire jusqu'à 780 000 unités par an avec sa capacité de production actuelle.

Comme le souligne Automotive News, il s'agit du pire résultat enregistré depuis 1958, lorsque la Coccinelle était le maître incontesté des chaînes de production, aujourd'hui occupées par les différentes versions de la Volkswagen Golf, ou encore du Touran et du Tiguan. Si 2020 n'avait déjà pas été une année extraordinaire en raison de la crise sanitaire avec 500 000 voitures produites, Volkswagen n'atteindra même pas ce chiffre en 2021.

Des prévisions trop optimistes pour Renault ?

Et si Volkswagen pleure, les autres ne rient pas. Preuve en est, Renault, qui, selon Reuters, pourrait "perdre" environ 300 000 voitures en 2021. Il s'agit d'une prévision encore plus mauvaise que les 220 000 voitures en moins estimées au début du mois de septembre. Une hémorragie qui, selon d'autres sources, pourrait même atteindre 400 000 unités.

Déjà un petit rebond en 2022 ?

Comme mentionné ci-dessus, Volkswagen et Renault ne sont que deux des nombreux exemples que l'on pourrait donner de constructeurs contraints de soustraire un nombre croissant de voitures à leur production, dans un scénario global qui, selon certains analystes, verra la production mondiale baisser de 11 millions d'unités en 2021 par rapport aux estimations faites au début de l'année, passant ainsi sous la barre des 78 millions en 2020.

L'agence de notation Standard & Poor's reste plus prudente : la production automobile globale "perdra" environ 5 millions de voitures cette année, pour s'établir à 80 millions de véhicules produits, avant de remonter à 84 millions en 2022. D'ici là − peut-être − la pénurie de semi-conducteurs ne sera plus qu'un mauvais souvenir. En 2023, la production mondiale pourrait revenir à la normale et franchir la barre des 90 millions.