La FIA a longuement présenté aux pilotes, ce vendredi soir, le système de protection du cockpit Halo, donnant des exemples d'application concrets, une semaine avant les discussions en vue de son introduction.

La présentation qui a eu lieu sur le Hungaroring a donné l’occasion aux pilotes d’exprimer leurs points de vue, alors qu’une première réunion de ce type avait déjà eu lieu à Austin l’année dernière.

Charlie Whiting, directeur de course de la FIA, accompagné de Laurent Mekies, directeur de la sécurité, et du consultant pour la sécurité Andy Mellor, ont mené cette présentation. Lors de celle-ci, ils ont montré des exemples d’accidents survenus par le passé en F1, GP2 et GP3, détaillant la manière dont le Halo se serait comporté.

ils ont répondu aux questions des pilotes au sujet des différents types d’accident, tout en discutant des problèmes de visibilité, notamment sur un circuit vallonné comme celui de Spa-Francorchamps. La présentation comportait également des vidéos des tests de l’Aeroscreen développé par Red Bull, expliquant les raisons pour lesquelles la FIA avait conclu que le Halo était une meilleure solution.

Des opinions contrastées

Cette présentation générale aurait fait forte impression auprès des pilotes. Cependant, ils restent divisés, certains considérant que les cockpits totalement ouverts font partie de l’ADN de la discipline et doivent le rester.

"Je crois qu’après le diaporama et les images qu’ils nous ont montrés aujourd’hui, c’est assez bouleversant", a confié Carlos Sainz. "On peut voir à quoi ça sert et combien de vies ça aurait pu sauver."

"En tant que pilotes, même si nous le détestons et que nous savons que ce n’est pas l’ADN de notre discipline, quand on voit cela, ça a du sens. Je ne l’aime pas [le Halo], mais c’est un peu comme quand votre père vous dit que vous avez tort. Vous savez qu’il a raison, mais vous ne voulez pas l’admettre."

"Je crois qu’il est très clair que ça sauve des vies, j’en suis certain à 100%. Esthétiquement, personne ne l’aime, alors nous devons trouver l’équilibre entre la nécessité de sauver une vie tous les cinq ou dix ans et les mauvaises répercussions que cela peut avoir sur la Formule 1."

A lire aussi : La FIA met de l’électronique dans les vibreurs

Daniil Kvyat a précisé que les arguments donnés par la FIA lors de la présentation étaient"solides" en matière de sécurité, ce qui n’empêche pas le Russe de rester partagé sur la question.

"Évidemment, si on le veut vraiment, on peut rendre la F1 complètement stérile et complètement sûre, mais la question est de savoir où nous devons nous arrêter", s’interroge-t-il.

"Je ne sais pas si ça va déjà trop loin ou si nous avons seulement atteint la limite avec le Halo. J’ai dit plusieurs fois que, lorsque je viens sur le circuit, je sais que ça pourrait être mon dernier jour. C’est comme ça, je n’essaie pas d’être un héros ou quoi que ce soit, mais au final nous faisons aussi la course pour d’autres personnes et la F1 est un spectacle. C’est pour cela que c’est populaire."

La prochaine étape

Pour le Halo, la prochaine étape aura lieu la semaine prochaine avec une réunion du Groupe Stratégique, durant laquelle les top teams discuteront de sa possible introduction en 2017. Un vote pourrait ensuite avoir lieu au sein de la Commission F1, mais l’unanimité sera requise à chaque fois.

On sait que, lors de la présentation de vendredi, un pilote a questionné le fait que les équipes décident de l’introduction ou non du Halo alors qu’il s’agit d’un problème de sécurité qui concerne les pilotes.

Tandis qu'elle préférerait éviter ce scénario, la FIA pourrait devoir imposer le Halo en 2017 sur la base du principe de sécurité, surtout si Red Bull reste sur sa position en se prononçant contre lors des votes. 

Avec Adam Cooper

Source: Motorsport.com

La FIA a présenté aux pilotes ses arguments pour le Halo