C’est un fameux pavé dans la mare que jette le fabricant de catalyseurs automobiles Umicore. Selon son CEO Marc Grynberg, "en essayant de rendre les moteurs à essence aussi efficaces en CO2 que les diesel, par réduction de leur taille, injection directe et turbocompression, on génère des particules extrêmement fines, beaucoup plus nocives que celles des moteurs diesel". D’où l’intérêt d’équiper aussi les moteurs à essence d’un filtre à particules, comme le font d’ores et déjà Volkswagen et Mercedes-Benz sur certains modèles.

Le doigt dans l'œil 

Pourtant, depuis une bonne décennie, ce sont les moteurs au diesel qui sont pointés du doigt. Ceux-ci souffrent en fait de l’image désastreuse laissée par les blocs d’ancienne génération qui fumaient autant qu’un réacteur de centrale nucléaire. Ce n’est heureusement plus le cas depuis l’entrée en vigueur de la norme Euro 5 en 2011, renforcée depuis par l’Euro 6b en septembre 2015. Aujourd’hui un moteur diesel ne peut émettre plus de 5 mg de particules par kilomètre. En nombre, cela donne 600 milliards de particules par kilomètre, alors qu’un moteur à essence peut en émettre 6.000 milliards ! En outre, les nouvelles générations de moteurs à essence, s’ils émettent moins de CO2, génèrent par contre plus d’oxydes d’azote. Tout cela relève de la physique : l’injection directe de carburant et un mélange appauvri en essence par rapport à l’air entraînent une meilleur combustion mais aussi des particules en grandes quantités.

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Dès 2017, la quantité de particules émises par les véhicules à essence passera heureusement de 6.000 milliards au kilomètre à 600 milliards, s’alignant ainsi sur les blocs diesel. Durant des années, les autorités européens se sont focalisées sur les émissions de CO2 et la consommation des véhicules, ce qui a concouru à populariser les moteurs au diesel, quitte à les utiliser dans des circonstances inadéquates, comme en ville. Remplacés progressivement par des petits blocs à essence, plus efficients et performants, on apprend donc aujourd’hui que ces derniers sont plus polluants que les premiers... On a donc remplacé un problème par un autre. Une fois équipées de filtres à particules, ces mécaniques de nouvelle génération seront à nouveau "fréquentables". D’où l’empressement de constructeurs comme Volkswagen et Mercedes-Benz, tandis que d’autres, comme Renault, Mazda ou Fiat annoncent que l'arrivée de ces filtres n'est pas à l’ordre du jour… Rassurant n'est-ce pas ?