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Tesla fait pression sur l’Europe pour homologuer son FSD

Le constructeur américain redouble d’efforts pour obtenir l’autorisation de son système Full Self-Driving en Europe.

Tesla FSD V12.4.1
Emmanuel Rolland Emmanuel Rolland

Tesla redouble d’efforts pour obtenir l’autorisation de son système Full Self-Driving en Europe. Une enquête de Reuters révèle les méthodes employées par le constructeur auprès des autorités et soulève des questions sur les données utilisées pour démontrer la sécurité de cette technologie.

Tesla veut son Full Self-Driving en Europe et multiplie les démarches auprès des régulateurs pour obtenir son homologation. Selon une enquête de Reuters, le constructeur américain fait pression depuis plusieurs mois afin d’accélérer la procédure. Malgré son nom, le Full Self-Driving (Supervised) n'est pas un système de conduite autonome. Le conducteur doit rester attentif et pouvoir reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

Des données de sécurité qui interrogent

Pour convaincre les autorités, Tesla met notamment en avant des données censées démontrer que son système améliore la sécurité. Reuters a fait examiner certaines d'entre elles par sept chercheurs spécialisés dans la sécurité routière.

Leur conclusion est nettement plus prudente : les données présentées par Tesla ne permettent pas d'établir que le FSD réduit les accidents mortels. La marque compare notamment certains comportements avec et sans assistance, comme les freinages brusques, les accélérations ou les changements de direction.

Mais ces indicateurs ne permettent pas directement de mesurer le nombre d'accidents évités. Tesla reconnaît d'ailleurs dans certains documents que ces comparaisons ne constituent pas une mesure causale de la sécurité.

Les Pays-Bas au cœur du dossier

Le régulateur néerlandais RDW joue un rôle déterminant. Il a donné un premier feu vert au FSD en avril, ouvrant la voie à une éventuelle autorisation européenne. Reuters rapporte toutefois que Tesla aurait contesté certaines modalités de l'évaluation, notamment son coût et sa durée. La facture présentée par la RDW pour cinq mois de travail atteignait 365 000 euros. L'autorité néerlandaise assure néanmoins avoir réalisé une évaluation indépendante, avec des essais sur circuit et sur route ouverte.

La France change de ton

La position française semble également avoir évolué. En juillet, le ministre des Transports Philippe Tabarot s'était opposé à une autorisation européenne du FSD dans sa forme actuelle, notamment en raison d'inquiétudes concernant la vitesse et l'attention du conducteur.

Depuis, le ministre a échangé avec Elon Musk et la France a commencé ses propres essais du système sur deux véhicules. Paris travaille désormais avec Tesla sur des modifications susceptibles de permettre au pays de soutenir son autorisation. Pour Tesla, l'enjeu est majeur. Une homologation européenne constituerait une victoire technologique et commerciale importante, alors que la marque cherche à relancer ses ventes sur le Vieux Continent.

Mais la décision européenne n'est pas encore acquise. Le vote initialement envisagé a été repoussé. La bataille de Tesla pour imposer son FSD en Europe ne fait donc que commencer.