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L’interdiction de l’essence et du diesel après 2035 n’est plus d’actualité

Nouvel accord dans l'UE : la réduction du CO2 en 2035 pourrait passer de 100 % à 87,5 %. Place aux carburants « renouvelables »

Fin des voitures thermiques à partir de 2035 : ce qui change

Par: Alberto Carmone

Traduit par: Emmanuel Rolland

Publié par: Emmanuel Rolland

22 Oct à 15:32

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L’Union européenne se prépare à revoir sa stratégie de transition écologique pour le secteur automobile. Selon les informations de Reuters, les trois principaux groupes politiques du Parlement européen – le Parti populaire européen, les Socialistes et Démocrates et Renew Europe – sont parvenus à un accord politique visant à assouplir les objectifs de réduction des émissions de CO₂ des voitures neuves à l’horizon 2035.

Un tournant, déjà évoqué ces derniers mois, qui pourrait permettre la vente de voitures équipées d’un moteur thermique même après l’échéance initialement prévue, revenant de fait sur l’objectif d’une réduction de 100 % des émissions à l’échappement.

Des objectifs moins stricts pour les constructeurs automobiles

La réglementation européenne, adoptée en 2023 dans le cadre du paquet Fit for 55, prévoyait qu’à partir de 2035, les voitures neuves immatriculées dans l’UE atteignent une réduction de 100 % des émissions de CO₂ par rapport aux niveaux de référence, excluant ainsi les modèles traditionnels essence et diesel.

La Commission européenne avait déjà proposé de revoir cet objectif à la baisse, en fixant la réduction exigée à 90 %. L’accord politique conclu ces dernières heures vise désormais une baisse de 87,5 % des émissions moyennes de la flotte de voitures neuves produites par chaque constructeur. Les 12,5 % restants pourraient être compensés par des mesures liées à l’utilisation d’acier bas carbone produit au sein de l’Union européenne.

Ce changement offrirait davantage de flexibilité aux constructeurs automobiles, qui doivent financer d’importants investissements pour électrifier leurs gammes dans un marché marqué par des coûts industriels élevés, une concurrence internationale soutenue et une demande de véhicules électriques encore inégale selon les États membres.

Une place pour les carburants renouvelables et les petites voitures électriques

Parmi les éléments les plus notables de l’accord figure la possible reconnaissance des véhicules fonctionnant avec des carburants renouvelables, comme les e-fuels et les biocarburants, dans le calcul des objectifs d’émissions. Cette ouverture pourrait maintenir un rôle pour certaines technologies reposant sur le moteur thermique, à condition qu’elles respectent les critères prévus par la future réglementation.

En parallèle, l’accord vise à favoriser la diffusion des e-car : des voitures électriques compactes, abordables et particulièrement efficientes. Grâce à un système de supercrédits, la vente de ces modèles pourrait offrir des avantages dans le calcul des émissions globales de la flotte de chaque constructeur.

L’objectif est de soutenir la mobilité électrique sans imposer une voie technologique unique, en conciliant décarbonation, compétitivité industrielle et nécessité de proposer des véhicules à des prix accessibles. Pour 2030, la proposition confirme par ailleurs une réduction de 55 % des émissions de CO₂ des voitures neuves par rapport au niveau de référence de 2021.

Un accord politique, pas encore une loi

Il est essentiel de souligner que cet accord ne modifie pas automatiquement la réglementation en vigueur. Il doit encore être formellement approuvé par les groupes politiques concernés et servira de base aux négociations entre le Parlement européen et les gouvernements nationaux, appelés à s’accorder sur un texte commun.

Le processus législatif pourrait se poursuivre jusqu’au printemps 2027. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure que les règles définitives et les conditions d’un éventuel maintien sur le marché des voitures thermiques seront connues.

La direction politique semble toutefois claire : Bruxelles cherche un nouvel équilibre entre objectifs climatiques et réalité industrielle. Pour les constructeurs, les consommateurs et l’ensemble de la filière automobile, une phase de plus grande flexibilité s’ouvre donc, mais aussi d’incertitude, dans l’attente de la définition des nouvelles règles.

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Source: Reuters

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