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Tesla dans la tourmente à cause du nom de sa méga-usine
TERA-print revendique la marque Tera-Fab et a mis Tesla en demeure. Le litige est désormais devant un juge.

Photo: Shutterstock

Par: Eleonora Lilli
Publié par: Emmanuel Rolland
20 Sep à 15:38
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Tesla et SpaceX ont porté devant la justice une société de nanotechnologies afin de défendre le nom Terafab, choisi pour la gigantesque usine de puces qu’Elon Musk veut construire au Texas. Au cœur du litige se trouve TERA-print, une entreprise de l’Illinois qui affirme détenir les droits sur la marque "Tera-Fab" depuis 2021.
Les deux sociétés de Musk ont engagé une action préventive devant un tribunal fédéral du Texas afin d’obtenir une déclaration officielle établissant que Terafab ne viole pas la marque de TERA-print.
L’affaire dure depuis plusieurs mois. En mai, TERA-print avait envoyé à Tesla une première mise en demeure lui demandant de renoncer à ce nom. Depuis, les deux parties ont tenté à plusieurs reprises de trouver un accord, sans y parvenir. Le dossier est désormais entre les mains d’un juge.
Terafab, une usine de puces à 16,8 milliards de dollars
Derrière ce nom contesté se cache un projet industriel considérable. Tesla et SpaceX veulent construire dans le comté de Grimes, au Texas, une usine de semi-conducteurs dont la valeur est estimée à 16,8 milliards de dollars, soit environ 15,5 milliards d’euros.
Le complexe devrait s’étendre sur environ 9 millions de mètres carrés. Il doit produire les puces destinées à plusieurs activités des entreprises de Musk.
Parmi elles figurent les robots humanoïdes Optimus de Tesla, les systèmes nécessaires aux calculs liés à l’intelligence artificielle et les infrastructures informatiques de SpaceX, y compris les futurs centres de données associés aux activités spatiales.
Le projet a été annoncé publiquement en août 2026, mais le différend autour du nom avait déjà commencé quelques mois plus tôt. Le 18 mai 2026, Tesla avait déposé trois demandes d’enregistrement de marque pour "Terafab" et "Tesla Terafab".
Cinq jours seulement plus tard, TERA-print a réagi par une lettre de mise en demeure. Le 22 mai, la société de l’Illinois a également demandé à étendre son propre enregistrement aux matériaux pour semi-conducteurs et aux services de conception reposant sur l’intelligence artificielle.
Entre juin et août, Tesla, SpaceX et TERA-print se sont rencontrées à six reprises pour tenter de régler le différend sans passer par les tribunaux. Cela n’a pas suffi.
Le projet s’inscrit néanmoins dans une stratégie plus large de Tesla au Texas, où l’entreprise a déjà annoncé d’autres investissements importants, notamment une usine solaire et un accord avec Intel portant précisément sur la production de puces.

Pourquoi TERA-print conteste le nom
Le cœur du litige tient au fait que TERA-print utilise "Tera-Fab" depuis 2017 pour ses outils de nanofabrication, principalement destinés aux laboratoires et aux universités. Il s’agit d’équipements utilisés par les chercheurs pour réaliser des structures et des composants à l’échelle microscopique et nanométrique. Selon TERA-print, baptiser "Terafab" une immense usine industrielle de semi-conducteurs pourrait créer une confusion avec ses propres produits.
La société a également souligné qu’elle dispose d’un contrat avec le département américain de la Défense pour des activités liées à la production de semi-conducteurs.
Comme le rapporte PCMag, le directeur technique de TERA-print, Andrey Ivankin, a aussi critiqué la manière dont les discussions avec Tesla se sont déroulées, affirmant que l’intérêt affiché par l’entreprise pour une éventuelle solution ne s’était finalement pas traduit par un accord concret.
Tesla et SpaceX voient toutefois les choses tout autrement. Dans la plainte déposée en septembre auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district ouest du Texas, les deux sociétés soutiennent en substance qu’aucun consommateur ne pourrait confondre les deux produits. D’un côté, il y a une installation industrielle à 16,8 milliards de dollars ; de l’autre, un instrument de laboratoire. C’est précisément sur cet argument que Tesla et SpaceX ont fondé leur demande auprès du juge.
Tesla anticipe une possible bataille autour de la marque
L’action engagée par Tesla et SpaceX n’est donc pas une plainte contre TERA-print pour violation de marque. Il s’agit d’une demande préventive.
Les sociétés de Musk veulent que le tribunal établisse à l’avance que l’utilisation du nom Terafab est légitime, afin d’éviter que TERA-print puisse ensuite engager une procédure en soutenant le contraire. Tesla et SpaceX ont également demandé que l’éventuelle procédure soit tranchée par un jury. Le différend ne remet donc pas en cause la construction de l’usine. Le projet Terafab continue d’apparaître dans les documents publics et ne semble bloqué par aucune autorité.
Pour l’instant, il s’agit surtout d’une bataille autour du nom. Mais compte tenu de l’ampleur du projet et des investissements en jeu, ce n’est pas un détail anodin.
Si Tesla et SpaceX obtiennent gain de cause, le nom Terafab pourra être utilisé pour l’immense site texan. Dans le cas contraire, au moins sur le plan de la marque, Musk pourrait devoir trouver un autre nom pour l’une des usines de puces les plus importantes de sa stratégie industrielle.
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