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Le Tesla Cybercab fait déjà l’objet d’une enquête pour absence de volant

Quelques heures seulement après le lancement officiel du Cybercab par Tesla, les autorités fédérales américaines le passent déjà au crible.

Robotaxi Tesla Cybercab
Photo: Tesla

Jeudi, Tesla a lancé le très attendu Cybercab  dans les rues d’Austin, au Texas. Un moment de réjouissance pour les plus grands fans de Tesla, dont certains assistaient à un événement privé organisé pour l’occasion. Mais la fête pourrait être de courte durée. Les États-Unis enquêtent déjà sur la manière dont Tesla a mis sur la route ce biplace doré, dépourvu de volant et de pédales de frein. 

La  National Highway Traffic Safety Administration a indiqué vendredi que Tesla avait auto-certifié la conformité du Cybercab aux Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS), les normes fédérales américaines de sécurité des véhicules automobiles. La NHTSA cherche désormais à comprendre précisément comment Tesla est parvenu à cette certification. 

La NHTSA a indiqué ouvrir une procédure d’audit « afin d’examiner le processus et les données techniques sur lesquels Tesla s’est appuyé pour certifier le Cybercab, ainsi que les questions connexes. La NHTSA évaluera notamment dans quelle mesure la certification de Tesla reposait sur l’appréciation selon laquelle certaines FMVSS ne s’appliquent pas au Cybercab. »

Robotaxi Tesla Cybercab
Photo : Tesla

Le problème que pose le Cybercab à la NHTSA tient au fait qu’il est dépourvu, tout simplement,  de toutes commandes physiques. Il n’y a ni volant, ni pédales, ni rétroviseurs latéraux au cas où un problème surviendrait avec les caméras embarquées du véhicule. Tesla présente cette absence comme un motif de fierté, mais les autorités fédérales y voient un potentiel sujet de conformité, ces équipements étant généralement requis sur les véhicules automobiles. 

« Aux États-Unis, la NHTSA établit des exigences claires en matière de performances des véhicules. Pour accéder au marché américain, les constructeurs doivent certifier que leurs véhicules respectent ces normes, sous le contrôle de l’agence chargée de vérifier la conformité », a déclaré l’autorité dans un communiqué. « Lorsque des véhicules certifiés semblent ne pas respecter ces exigences, la NHTSA mène une enquête. »

Sous l’administration Biden, la NHTSA avait également ouvert une enquête similaire sur Zoox, propriété d’Amazon, après que l’entreprise a auto-certifié ses propres véhicules sans conducteur de manière comparable. L’agence a finalement clos l’enquête en 2025, puis accordé à Zoox une exemption à des fins d’essais. En juillet, elle a accordé à Zoox une nouvelle exemption aux FMVSS afin de déployer commercialement ses navettes autonomes. Il est possible que le dossier Tesla se règle de façon similaire. 

La NHTSA a commencé à revoir sa réglementation afin de faciliter le déploiement des véhicules autonomes. Elle travaille sur des règles qui assoupliraient les contraintes pesant sur ce type de mises en service, en révisant la manière dont sont encadrés des éléments comme les pédales de frein, les rétroviseurs et l’éclairage.  Mais le message de la NHTSA est ici  clair : les règles restent les règles tant qu’elles n’ont pas été modifiées. 

« La NHTSA soutient pleinement le développement et le déploiement sûrs des véhicules automatisés. Mais en tant que régulateur fédéral, nous devons nous assurer que l’ensemble de nos lois est respecté », a déclaré Jonathan Morrison, administrateur de la NHTSA, dans un communiqué. « Notre approche, qui consiste à concilier innovation et supervision de la sécurité, permettra aux États-Unis de maintenir leur leadership mondial dans l’innovation en matière de véhicules autonomes. »